PLUS BELLES IMAGES ET HISTOIRE
DE LA SAINTE
VIERGE MARIE
MÈRE DE JÉSUS

Plus belle image de la Vierge Marie et son histoire

Elle est la toute pure, l'Immaculée Conception, la Pleine de Grâce (kecharitōmĕnē en grec). Elle est la mère de Jésus, la Vierge Marie car Jésus est né alors qu'elle était vierge et elle l'est restée*. Jésus étant à la fois Dieu et homme, elle est la plus grande femme de la Création car la Mère. Mère de Dieu (Theotokos en grec, langue de rédaction des Évangiles) et aussi celle de tous les hommes.

Par ses deux « oui », elle a permis à Dieu de s'incarner en homme pour s'approcher d'eux au plus près et leur délivrer le puissant et immortel message d'amour de Dieu pour les hommes ; et donc de la donner comme Mère éternelle des hommes et des femmes de toute la terre.

 

Par son privilège de Mère du Messie, Marie échappe à la condition commune. Par sa foi et son espérance, au contraire, Marie est non seulement admirable, mais imitable. Elle est et restera la Pleine de Grâce.

Marie restaure la femme dans toute sa dignité perdue par Ève. 

Voici en résumé, l'histoire de la Vierge Marie, ses miracles aujourd'hui, accompagnés de quelques-unes des plus belles photos de cette Très Saint Mère.

Statue Vierge Marie main levée ciel bleu

Immaculée lors de sa conception-même par ses parents, car Jésus, l'infiniment Saint ne pouvait qu'être accueilli par une mère immaculée. Dès sa naissance, Marie a été préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de son Fils. La conception immaculée de Marie est donc fondée sur sa maternité divine.

 

Pleine de grâce car c'est en ces termes que l'ange envoyé de Dieu l'a saluée avant de lui livrer la proposition de Dieu : voulait-elle être la mère du Messie, le Sauveur ?

Par son privilège de Mère du Messie, Marie échappe à la condition commune et ne peut être égalée. Mais par sa foi et son espérance, Marie est non seulement admirable, mais imitable par tous.

Sommaire de la page

Qui est la Vierge Marie, Reine du ciel, mère des hommes et de Dieu ? Marie, mère de Jésus, oriente tous les regards vers son Fils le Christ.

Les plus belles images de la Vierge Marie

La Vierge Marie dans les Évangiles

 

  • Quatre textes bibliques essentiels sur la Vierge Marie

  • Les deux oui de Marie réparent le non d'Ève

  • La place centrale de Marie dans le dessein de Dieu

  • Marie vierge et restée vierge ? Les "frères de Jésus"

  • Trois moments importants de la Vierge Marie en images

    • Choisie

    • Le Fils de Dieu dans les bras

    • Marie des 7 douleurs

  • Mère de tous les hommes

  • Reine du ciel

  • Intercession de Marie pour les hommes

  • Deux des apparitions de Marie, Fatima et Zeitoun

    • Le miracle du soleil à Fatima

  • Les guérisons de Jésus par l'intercession de la Vierge Marie à Lourdes, témoignages ; avis des médecins

  • Marie en musique, pop et classique

  • Prières de la Vierge Marie : je vous salue Marie ; litanies de la Vierge Marie

  • De quoi est morte la Vierge Marie, comment est morte la Vierge Marie, à quel âge est morte la Vierge Marie

  • Quand Marie prend soin des enfants

  • Mariedenazareth.com : à Jésus par Marie, le site internet pour tout savoir sur Marie et bien plus encore

  • Évangiles commentés sur le thème de Jésus, Marie et Joseph, la Sainte Famille

Quatres textes bibliques
essentiels sur la Vierge Marie

Ancien Testament

Sa descendance te meurtrira la tête

« Quand Adam eut mangé du fruit de l’arbre, le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » L’homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché. » Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé. » Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé. » Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. »

(Genèse 3, 9-15. 20)

Nouveau Testament

L'Annonciation

« L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. »

À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.

Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? »

L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu.

Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu.»

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta. »

(Luc 1, 26-38)

Nouveau Testament

Ils n'ont pas de vin

Tout ce qu'il vous dira, faites-le

«  Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.

Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »

Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »

Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).

Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.

Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. »

Jean (19, 25-33)

Nouveau Testament

Voici ta mère

Tout ce qu'il vous dira, faites-le

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un ­récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. »

Jean (19, 25-34)

Vierge Marie Dieu t'a choisie

Les deux oui de Marie réparent le non d'Ève

Par Marie, Dieu a restauré la grandeur et l'honneur de la Femme que l'ennemi avait fait déchoir :

  • Marie a dit "oui" une première fois à Dieu lorsqu'il lui a demandé si elle voulait bien être la mère de Son Fils ;

  • alors qu'elle se trouvait au pied de la croix, elle a dit "oui, silencieusement, une seconde fois, lorsque son Fils, sur le point d'expirer, lui a demandé si elle voulait bien accepter les disciples (donc tous les hommes et femmes de la terre) comme ses enfants. Et ce, bien que ces mêmes disciples aient trahi et abandonné Jésus au pire moment de sa vie et malgré tout le bien que Jésus leur avait fait.

Marie, parfaite – soigneusement préparée par Dieu mais ayant toujours conservé son entière liberté de dire "non" – répare le "non" d'Ève et restaure la femme dans sa grandeur, son honneur, tel que Dieu l'avait initialement créée avant que l'ennemi ne fasse déchoir Ève, Adam… l'homme.

Tous les prêtres exorcistes le disent, Marie est extrêmement crainte par le diable, qu'ils interrogent parfois lors des rituels d'exorcisme. Il est alors obligé de confesser devant eux*que sa pureté, son humilité et son obéissance à Dieu, y compris et surtout dans les pires moments de sa vie, lorsque tout semblait perdu, son Fils mort, Marie a fait confiance à Dieu. Il ne l'a pas déçue. Son Fils est ressuscité et roi de l'Univers. Son règne n'aura pas de fin. 

Et puis, Marie n'est pas morte comme tout le monde. Elle s'est endormie. On parle de dormition (c'est d'ailleurs le nom d'une splendide église à Jérusalem – sur le Mont Sion, à deux pas du lieu présumé du Cénacle – qui est dédiée à cet évènement). Il n'existe pas de tombe de la Vierge Marie. La Sainte Trinité l'a fait monter au ciel dans sa chair et elle est non seulement comblé de grâces, mais Dieu lui a conféré le pouvoir de combler elle-même ses enfants de grâces.

*(Les prêtres représentent le Christ et on reçu de lui le mandat de chasser le démon, mais qui n'ont tout de même pas la même puissance que Jésus puisque tout prêtre est d'abord homme, donc pécheur.)

La place centrale de Marie
dans le dessein de Dieu

« Aussi longtemps qu'il est un enfant, l'héritier, quoique propriétaire de tous les biens, ne diffère en rien d'un esclave. Il est sous le régime des tuteurs et des intendants jusqu'à la date fixée par son père.

Nous aussi, durant notre enfance, nous étions asservis aux éléments du monde.

Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l'adoption filiale. »

(Galates 4,1-4).

Saint Paul ne parle qu'une seule fois de la Mère du Christ, mais c'est pour la situer résolument au centre du mystère, au cœur du projet de salut qui est l'œuvre de Dieu.

En toile de fond de sa doctrine, il esquisse une sorte de parabole. Dans le monde grec où il avait grandi, il revenait au père de famille de fixer pour ses fils l'âge de la majorité. Durant toute son enfance, même le fils d'un homme libre restait soumis à des surveillants, qui souvent étaient des esclaves.

De même, explique saint Paul, l'humanité a vécu une sorte de longue enfance. Les hommes étaient asservis à des forces qui menaient le monde : les païens divinisaient les forces du cosmos; les Juifs se sentaient assujettis à des anges, censés régir le monde matériel et s'imposer aux hommes par le biais de la Loi.

Mais maintenant le moment de la majorité est venu pour tous ; les temps sont accomplis ; le délai fixé par Dieu est révolu.

 

Dieu a envoyé son Fils en mission chez les hommes. Il est né d'une femme, donc né sujet de la Loi : "devenu de femme, devenu sous la Loi". Il a bien pris sur lui notre assujettissement, mais pour nous en libérer. Il a voulu qu'en lui nous devenions des fils et des filles de Dieu, héritiers de plein droit. Et de cela nous avons une preuve, plus forte que toutes les craintes, plus immédiate que tous les raisonnements: c'est la présence de son Esprit qui crie en nous sa prière filiale : "Abba, Père !"

Dans ce déploiement du salut, Marie semble n'apparaître qu'en passant, comme drapée de modestie ; et pourtant, en dépit de cet effacement, Dieu a donné à son destin et à ses choix une portée universelle. C'est avec elle et par elle que Dieu a fait advenir son salut. C'est avec elle et par elle qu'est venue la plénitude du temps. C'est par elle que le Fils de Dieu a pu assumer notre condition et nous apporter l'adoption. "Le Verbe chair est devenu" (Jn 1,14) ; le Fils de Dieu est "devenu de femme" (génoménos ek gunaikos, Ga 4,4). L'image a une longue histoire, puisque, bien avant Qumran, l'expression hébraïque yelûd 'ishshâh soulignait la faiblesse et la caducité de l'homme ; et nous lisons, dans les plaintes de Job : « L'homme, enfanté de femme, comme une fleur germe et se fane. » (Jb 14,1).

C'est bien une femme qui va transmettre au  Messie de Dieu cette humanité limitée dans le temps et l'espace. C'est Marie que l'on trouve au moment premier de l'Incarnation. C'est elle qui se tiendra au pied de la croix et qui entendra Jésus dire, dans un souffle : « C'est achevé ». C'est elle qui est là, à Nazareth, pour accueillir en sa chair le Fils que le Père donne au monde. C'est elle qui est là, encore là, au pied de la croix, pour laisser partir en notre nom Celui qui retourne au Père.

Cette place de Marie au centre de l'économie du salut explique la part que Jésus lui a donnée dans le pèlerinage de notre foi, dans le cheminement de notre espérance.

 

Car la mission qu'elle a reçue au bénéfice du Corps tout entier de son Fils, elle l'assume également pour chacun/e de nous, selon la volonté expresse du Crucifié.

En dépendance de l'œuvre accomplie par Jésus, elle est présente dans notre vie pour nous aider à rejoindre chaque  jour la "majorité" filiale prévue pour nous par Dieu le Père. La Mère de Jésus nous apprend à accueillir avec émerveillement la grâce de l'adoption ; à tout moment elle nous ramène au "grand silence du dedans" pour y percevoir le cri, le murmure, le gémissement indicible de l'Esprit : "Abba, Père !"

Le premier regard de Jésus sur la terre avait cherché cette femme dont il était le fruit. Son dernier regard, intense, l'a enveloppée de tendresse. Elle se tenait debout, forte dans sa foi. Ce fut le sommet de la passion glorifiante ; et à cette Heure, qui signifiait pour tous les hommes l'adoption par le Père et l'effusion de l'Esprit, Jésus nous a donné part à son bonheur d'avoir une telle Mère : « Femme, voici ton fils, voici ta fille ».

Mystère des voies de Dieu. Inventions de son amour. À la plénitude du temps, selon le désir formel de Jésus, nous sommes, nous aussi, nés de cette femme. »

© Carmes/jesusaujourdhui.com

Marie est-elle restée vierge ?
Les "frères" et "sœurs" de Jésus

Le fait que les mots "frères, sœurs de Jésus" figurent dans les Évangiles ne sont en rien la preuve que Marie n'est pas restée vierge après la naissance de Jésus et a eu des relations charnelles avec Joseph.

Car à cette époque, les mots ses frères et sœurs (en parlant de Jésus), désignaient autant les proches, notamment les cousins, que les frères et sœurs.

En allant plus loin dans la réflexion, on peut arriver aux conclusions suivantes : quand on a reçu de Dieu la grâce inouïe de concevoir Son Fils, quand on tient dans ses bras ce même Fils de Dieu, qu'on vit à ses côtés pendant 30 ans, que l'on est témoin de sa puissance par des miracles inouïs dont les premiers ont certainement exécutés alors que Jésus n'était encore qu'un enfant, peut-on ensuite avoir les mêmes désirs, notamment physiques, qu'une autre personne ? La sainteté de Jésus n'a-t-elle pas imprégné, irradié ses parents ?

Par la suite, la vie ne peut être celle du commun des mortels, avec ses passions et ses désirs... Ainsi Joseph et Marie ont-ils certainement vécu dans une chasteté éblouie et facilité par la présence de leur fils, Fils de Dieu, à leurs côtés.

Pour en savoir plus sur la "fratrie" de Jésus et la façon dont les textes des Évangiles, écrits en grec, rappelons-le, peuvent être traduit, l'article à lire en cliquant ci-dessous, ciblé sur Jacques, "frère de Jésus", consacre un paragraphe complet à ce sujet.

Trois moments importants
dans la vie de la Vierge Marie
en images

La Vierge Marie choisie par Dieu

Annonciation par l'ange

L'Annonciation

Humilité de la Vierge Marie

Nullement pétrie d'orgueil à l'idée d'avoir été choisie parmi des milliers de jeunes filles, restant égale à elle-même dans une humilité que l'on a du mal à ne pas admirer, la future mère de Dieu a donc dit : "Oui". 

Marie sur un âne pour la Visitation

Après l'Annonciation, Marie, enceinte du Fils de Dieu qui s'est incarné en homme en elle par l'opération du Saint Esprit (folie d'amour de Dieu pour l'homme) parcourt la Galilée, la vallée du Jourdain et les monts de Judée pour rendre visite à sa cousine Élisabeth, non pas pour vérifier si ce que l'ange lui a dit est bien arrivé (en l'espèce, sa vieille cousine stérile est déjà enceinte de six mois), mais pour lui apporter son aide précieuse.
L'Homme-Dieu rayonne déjà dans ses entrailles sur la Terre. Inouï.

des manifestations miraculeuses sans témoins qui restent inexpliqués par la science...

Vierge Marie voiles pastel
Sourire de la Vierge Marie
Je suis l'Immaculée Conception Vierge Marie blanc bleu ciel chapelet de Lourdes dans la main

On l'imagine, jeune fille, aussi belle que cela... Tous les témoignages de ceux à qui elle est apparue concordent :
elle est d'une beauté indescriptible.

Yeux de la Vierge Marie

Nativité, Marie et le Fils de Dieu dans les bras

Tenir dans ses bras le Fils de Dieu. Le Messie. On imagine le sentiment de responsabilité, et la joie indescriptible que Saint Joseph et elle-même ont partagés à la naissance de Jésus, puis durant les années passées avec lui à Nazareth, malgré la pauvreté. Car Jésus n'a pas choisi d'arriver à l'âge adulte et Tout-Puissant dans un palais, mais petit, vulnérable et pauvre, dans une mangeoire garnie de paille. C'est toujours dans la plus grande humilité et vulnérabilité qu'il demeure depuis plus de 2000 ans lorsqu'il se présente sous la forme d'une hostie, petit morceau de pain, dans tous les tabernacles du monde.

Adoration de Marie et anges pour enfant Jésus dans ses bras
Icône Vierge Marie et Jésus se regardant avec tendresse bleu doré

© Yvonne Denneulin

Marie mère du sauveur bleu doré
Vierge Marie priant à genoux bleu doré

Les 7 douleurs de la Vierge Marie

Voici qu’elle, sa mère, suit l’Agneau, crucifié pour nous, la vierge fidèle, victime pure, offrande immaculée.

Trente-trois ans après la naissance de Jésus, Joseph est décédé, Jésus est depuis trois ans sur les chemins de Palestine pour apporter la Bonne Nouvelle (Évangile) : Dieu s'est fait proche des hommes en s'incarnant, son Royaume est descendu du ciel pour s'étendre sur terre, et il va rouvrir les portes du paradis ; tous ceux qui feront alliance avec lui seront sauvés de l'ennemi malgré la mort !

Mais Jésus, bien accueilli au départ par tous, d'autant plus qu'il appuie son message par des miracles dépassant l'entendement, est finalement mal compris : certains le voient comme un guérisseur tel qu'on n'en a jamais connu, d'autres comme le sauveur politique d'Israël opprimé par les Romains et veulent en faire un roi terrestre, et surtout il fait de l'ombre à ceux qui pensent détenir la vérité sur Dieu et font appliquer avec sévérité, parfois stupidité et rigueur, la Loi de l'Ancien Testament. Alors ils ont décidé de le faire mourir.

La Vierge voit peu à peu l'étau se resserrer sur son Fils, avec angoisse certainement, mais en gardant sa confiance à Dieu. Avec ce qu'elle a vécu, vu, entendu, elle ne peut que croire en le Tout-Puissant.

Alors que les Israélites s'apprêtent à fêter la Pâque, elle sait se souvient avec encore plus d'acuité de la femme qui lui avait prédit, ainsi qu'à Joseph, « Ton cœur sera transpercé de douleur » alors que Jésus était encore un tout petit enfant.

La Passion de son Fils commence.

Vierge Marie en larmes
Vierge transpercée par 7 poignards
Belle Vierge Marie triste

La sienne aussi. Son Fils a passé une nuit blanche durant laquelle il a déjà été injurié, maltraité, et battu. Elle le voit le lendemain flagellé, insulté, épuisé par le transport de la croix dans les ruelles pierreuses de Jérusalem, horriblement cloué sur la croix.

La voici au pied de cette croix où elle voit agoniser son fils dans les douleurs les plus atroces (à ce sujet, vous pouvez lire la page La véritable Passion du Christ). Lui qui pourtant n'avait dit et fait que le bien partout et à tous.

Jésus crucifié
Stabat Mater, Marie au pied de la croix regardant Jésus

STABAT MATER

(debout se tenait la mère)

« Si nous nous représentons l'affreux tourbillon de misères, le fardeau énorme de douleur et le surcroît de peines surnaturelles que Marie avait à endurer, et comment tout pesait d'une force irrésistible sur son cœur solitaire, c'est avec étonnement que nous verrons tout cela se briser contre sa tranquillité, comme la vague vient se briser en écumant contre un énorme promontoire, qui fait rejaillir les vagues furieuses et terribles sur la base frémissante sans être renversé. Ainsi en était-il de Marie.

 

Elle n'était pas insensible comme le froid granit. Au contraire, la tempête la pénétrait, s'insinuait dans chaque repli de cette vaste nature, remplissait jusqu'à les faire déborder toutes les puissances qu'elle possédait pour la souffrance, et abreuvait d'amertume toutes ses facultés et toutes ses affections. Cependant rien ne put troubler la tranquillité de Marie. Sa paix intérieure était semblable au calme des profondeurs de l'Océan, lorsque la tempête en bouleverse la surface. Mais cette tranquillité n'était pas pour Marie un refuge contre l'insensibilité de la souffrance. Elle la rendait plutôt apte à souffrir davantage. Le calme permettait à la douleur de pénétrer plus irrésistiblement dans chaque partie de son être.

 

Et il n'y avait chez Marie ni éclats, ni soupirs bruyants, ni sanglots entrecoupés, ni de vaines paroles pour exprimer la plainte. [...] Marie se tenait debout au pied de la croix ; voilà le tableau si grand dans sa simplicité que nous trouvons dans l'Ecriture, voilà l'exacte vérité, et le peintre est le propre époux de Marie, le Saint-Esprit. Et c'était l'image de cette femme debout et calme que l'un de ses enfants les plus tendres, saint Bernard, contemplait dans une amoureuse admiration. C'est là ce qu'il y a d'attrayant dans les apparitions que nous font connaître les révélations de Marie d'Agréda et dans le portrait que nous ont tracé les visions de la sœur Emmerich. Les instincts de la religieuse espagnole étaient même plus vrais que ceux de l'âme artistique de l'extatique Allemande.

 

Nous ne devons donc jamais éloigner de notre esprit la pensée de cette tranquillité de Marie au milieu de ses douleurs. Il n'y avait chez elle rien d'extravagant, rien de désordonné, rien de dramatique, rien de passionné, rien de démonstratif, rien d'excessif ; elle gardait la dignité la plus calme, la plus royale, la plus tranquille, [...] ; elle demeurait tranquille selon son rang et son degré de perfection, comme la nature divine de Notre-Seigneur, pendant que les tourments de la passion foulaient aux pieds sa nature humaine et allaient la faire mourir. La tranquillité de Marie était comme le reflet de celle de Jésus. C'était une des nombreuses participations à sa personne que Jésus accordait à Marie dans ses heures ténébreuses. »

R.P. F.W. Faber (1814-1863), Le pied de la Croix ou les douleurs de Marie (chapitre 1, IV),

Quatrième édition, Paris, Ambroise Bray, 1862.

Visage de Jésus crucifié noir et gris

Elle, qui était au cœur des affections humaines de Jésus, avait sa place au cœur de la famille des croyants ; mais Jésus a attendu son Heure, l'heure de la Passion glorifiante, pour la proclamer, du haut de la Croix : « Femme, voici ton fils ».

« Femme, voici tes enfants, et l'Eglise commise à ta tendresse. »

Au summum de la douleur, elle dira à nouveau « oui », silencieusement, quand Son Fils lui demandera, donc ,d'être notre mère à tous, y compris des disciples et apôtres qui l'avaient pourtant abandonné et trahi.

Puis elle le recevra, mort, dans ses bras. Quelle mère ne hurlerait-elle pas ?

Marie hurlait, mais intérieurement. Dans la confiance envers Son Fils. Il lui avait dit qu'il ressusciterait.

Marie hurlant sa douleur Jésus dans ses bras

L'Adieu, chanson de Pascal Obiscpo composée pour son spectacle Jésus de Nazareth. L'adieu de Marie à son Fils.

Pieta Saint Pierre de Rome

La Pieta, statue représentant Marie recevant Jésus dans ses bras lorsqu'il est descendu de la croix. Vatican, Saint Pierre de Rome.

« Cette Mère, Elle nous a été donnée au pied de la Croix, elle nous a enfantés dans la douleur ; nous lui avons coûté tout le sang de son Jésus et toutes les larmes de son cœur maternel. Mesurons par là combien nous lui sommes chers, que nous sommes en droit de tout réclamer et de tout attendre de sa tendresse. »

Sœur Marie du Sacré Cœur Bernaud

Marie, mère de tous les hommes

Marie mère de tous les hommes couronnée étoiles or

Devenue la mère de tous, elle est aimée dans le monde entier

Vierge Marie d'Afrique

Afrique

Vierge Marie du Moyen-Orient

Moyen-Orient

Vierge Marie de Guadalupe

Amérique

du Sud

Vierge Marie des Orientaux

Orient

Vierge Marie mère des africains et américains

Amérique du Nord

Etc.

Marie, reine du ciel

Broderie lettres AM Ave Maria bleu couronne or
Jésus couronnant sa mère la Vierge Marie

Marie est la première bienfaitrice de l'humanité et la seconde en bonté après Dieu. Le premier miracle de Jésus s'est produit grâce à elle, à Cana. Jésus ne refuse rien à sa Mère. Destinée à être unie à Jésus dans la chair, lui en elle et elle autour de lui, et unie à Jésus dans la douleur, tous deux sur la croix, lui avec sa chair, elle spirituellement, il est juste qu'elle lui soit unie dans la puissance qui se manifeste au monde et que Son Fils l'ait fait Rein du Ciel.

Ainsi lui confère-t-il l'honneur de pouvoir distribuer certaines grâces à ceux qui les lui demandent et prient le Je vous salue, Marie, voire le Rosaire.

Vierge Marie rue du Bac

Intercession de Marie pour les hommes

Vierge Marie intercession pour hommes
Vierge Marie priant et intercédant

Marie, silencieuse, humble, discrète et aimante agit en coulisses en notre faveur, pour les vivants et les morts, comme elle l'a fait au début du ministère de Jésus, à Cana, lorsque le vin manquait au mariage. Elle est apparue plusieurs fois en France et ailleurs dans le monde pour rappeler combien la conversion et la prière sont nécessaires avant le grand retour de son fils. Son intercession auprès de Son Fils est à l'origine de guérisons inexpliquées par la science du XXIe siècle.

Lors de son apparition à Fatima, au Portugal, a eu lieu un signe devant plusieurs milliers de personnes, y compris un journaliste athée qui l'a relaté (lire ci-dessous). Aux trois petits voyants auxquels elle apparaissait, qui lui avaient demandé un "signe" pour que "les gens croient", Elle avait non seulement accepté et annoncé qu'un signe viendrait confirmer la véracité de ses paroles, mais elle avait aussi précisé quand ce signe se produirait. De plus, les événements historiques, tels que l'invasion du communisme dans le monde et les guerres mondiales, qu'elle a prédits, se sont produits.

Pour ces deux oui qui ont ouvert pour nous la porte de la réconciliation avec Dieu, nous lui devons un merci éternel et la plus grande affection.

Les catholiques considèrent qu'elle est le modèle parfait pour qui veut se mettre à la suite de Jésus. Ils n'adorent pas Marie, mais ils la vénèrent. Et ils la prient d'intercéder auprès de son fils car par lui et par lui seul passent toutes les grâces. Elle est notre mère à tous. Elle est et restera à jamais Notre Sainte Mère bénie, et pleine de grâce.

Deux des apparitions de Marie :
Fatima et Zeitoun

La Vierge Marie est apparue à de nombreux endroits dans le monde, souvent à des enfants pauvres et ignorants. Dix-sept apparitions ont été reconnues par l'Église catholique. Parmi elles, celle de Fatima. L'appartition de Zeitoun en Égypte est, elle, reconnue par l'Église copte orthodoxe (d'Égypte).

 « La foi commence à la frontière

de la compréhension »

Le film Fatima, sorti en octobre 2021, est un bon résumé des apparitions de la Vierge Marie à Fatima. Il retrace l'histoire vraie de trois petits bergers à qui la Vierge Marie est apparue, au Portugal, en 1917, et qui ont reçu d'elles plusieurs messages d'une grande importance pour l'humanité, confirmés ensuite par les événements historiques. Lors de la dernière apparition de la Vierge, un signe annoncé par elle quelques mois auparavant s'est produit devant plusieurs milliers de personnes, ébranlant les convictions d'un journaliste proche des milieux athéistes (lire ci-dessous).

Ci-contre, deux extraits du film, et la bande annonce. Le film est disponible en DVD ici et il est aussi visible en VOD (vidéo à la demande) sur le site internet lefilmchretien.fr

Vidéo sur l'apparition de Marie à Zeitoun, Égypte, devant plusieurs milliers de personnes

Le miracle du soleil
lors de l'apparition de Marie à Fatima

Fatima foule miracle du soleil

La foule présente à Fatima assiste au miracle du soleil : alors qu'une pluie battante tombe sur Fatima depuis le matin, le ciel plombé sans espoir d'amélioration s'éclaircit soudainement au moment où les trois petits voyants annoncent l'arrivée de la Vierge. Alors, dans un ciel nettoyé de tout nuage, le soleil se met à tournoyer sur lui-même, à s'agrandir, rétrécir successivement et plusieurs fois, puis fait mine de "tomber" sur les personnes à deux reprises, ce qui cause une certaine frayeur. Puis, le ciel redevient un ciel ordinaire, un beau ciel ensoleillé d'automne.

Le journaliste Avelino de Almeida est venu,

convaincu qu'il ne se passera rien...

Avelino de Almeida, journaliste, s'est déplacé avec un photographe professionnel (Judah Ruah) pour rapporter les faits, certain qu'il ne se passera rien. Mais il assiste au miracle du soleil et, impressionné par ce qu'il voit, il rédige un article qu'il fait publier le lundi matin dans son journal, en première page, article intitulé « Des choses étonnantes », avec en sous-titre « Comment le soleil a dansé au milieu du jour à Fatima ».

Le journaliste y annonce les apparitions de la Vierge à Fátima, la fin de la guerre avec le retour des soldats à la maison, et le compte rendu du déroulement du « grand miracle » vu par des dizaines de milliers de témoins : « On voit l'immense multitude se tourner vers le soleil, qui apparaît au zénith, dégagé de nuages. Il ressemble à une plaque d'argent mat, et il est possible de le fixer sans le moindre effort. Il ne brûle pas les yeux. Il n'aveugle pas. On dirait qu'il se produit une éclipse. Mais voici que s'élève une clameur immense, et ceux qui sont plus près de la foule l'entendent crier : “Miracle ! Miracle !… Merveille ! Merveille !” ». Il ajoute dans son article « la grande majorité avoue avoir vu le soleil danser, certains affirment même avoir vu le visage de la Vierge Marie, et qu'il jurent avoir vu le soleil tourner et s'effondrer sur la Terre pour la brûler ». Dans la suite de l'article, il interroge les « sceptiques » et leur demande de considérer uniquement « les faits ».

« Cet article fait preuve d'une objectivité rarement vue dans le journalisme », commente Stanley Jaki, prêtre bénédictin, professeur de physique à l'Université Seton Hall (New Jersey, États-Unis), théologien et historien des sciences qui recevra le Prix Templeton en 1987.

Car l'article fait l'effet d'une véritable bombe dans le pays, d'autant que le journal d'Avelino de Almeida est connu pour être proche des mouvements de la libre pensée et de l'athéisme.

Il faudra de longues années cependant avant que l'Église reconnaisse les apparitions de Fatima, car elle prend toujours tout le temps nécessaire pour les étudier en détail sous tous les aspects.

Rappelons que comme la Vierge le leur avait dit, deux des petits voyants sont décédés quelques mois seulement après, tandis que Lucia dos Santos est devenue religieuse en entrant au Carmel, et a rencontré le pape.

Article Avelino Almeida Fatima miracle soleil 13 octobre 1917 page 1
Article Avelino Almeida Fatima miracle soleil 13 octobre 1917 page 2

Le 29 octobre 1917 Alvelino de Almeida fait encore publier dans le journal national Ilustração Portugueza un long article de 4 pages (353-356) sur le miracle du soleil survenu le 13 octobre, accompagné de 10 photos prises par Judah Ruah, son photographe. Ces photos montrent la foule compacte observant le soleil et tombant à genoux, étant témoin d'un « colossal miracle ». Dans cet article, Alvelino décrit peu le phénomène observé (qu'il a déjà largement décrit dans l'article précédent), mais interpelle l’Église catholique, la communauté scientifique et les libre-penseurs pour étudier le phénomène céleste observé par les foules, et critiquant l'attitude de certains journalistes qui préfèrent polémiquer sur les articles des autres, plutôt que de s'intéresser aux faits bruts.

Article apparition fatima miracle soleil Fatima 13 octobre 1917

Page 353 de l'édition du 29 octobre 1917 de l'Ilustração Portugueza, montrant la foule regardant le « miracle du soleil » durant « l'apparition à Fátima » du 13 octobre. Article publié par Avelino d’Almeida.

À noter qu'il s'est trouvé des scientifiques pour trouver des explications à ce phénomène. Ils n'ont toutefois pas su expliquer pourquoi il s'est produit durant le mois où la Vierge l'avait annoncé lors d'une précédente apparition quelques mois auparavant, lorsque les enfants, en butte aux réprimandes de leurs parents et aux doutes de tous, lui avaient demandé un signe "pour que les gens croient".

Guérisons de
de la Vierge Marie à Lourdes...
Le pouvoir d'intercession
de la Vierge Marie sur son Fils Jésus

Le 70e miracle de Lourdes reconnu par l'Église catholique, qui est excessivement exigeante sur les critères (pour en savoir plus sur les critères de l'Église plus intransigeants que ceux des médecins, lire sur ce site la page Miracles de guérison), concerne sœur Bernadette Moriau et sa guérison « inexpliquée » par la médecine, survenue le 8 juillet 2008, à 17 h 45, dans son couvent, consécutivement à un pèlerinage à Lourdes. Son témoignage vidéo ci-dessous, ainsi que celui d'une autre personne guérie, de médecins, et un documentaire plus général sur les cas de guérison à Lourdes.

Le pouvoir de la Vierge Marie réside en son intercession incessante auprès de Son Fils Jésus. C'est ainsi que la Vierge Marie obtient les merveilleux miracles de guérison : les Évangiles nous montrent clairement le grand pouvoir de son intercession sur son Fils avec le miracle de Cana, le tout premier de Jésus relaté dans les Évangiles : par l'intercession de Marie, Jésus change l'eau en vin pour que le mariage auxquels ils assistent ne soit pas raté en raison du manque de boisson de fête. 

Les éternels sceptiques essaieront toujours de trouver une explication.

Nier l'évidence (l'existence de Dieu) ne serait-il pas une attitude un brin orgueilleuse ?

Ne pas se fermer obstinément à la lumière n'est-il pas un acte d'intelligence ?

Pour en savoir plus sur le plus faible nombre de miracles reconnus depuis que la science a fait d'énormes progrès, et la possibilité d'explication des miracles par la science, cliquez sur les boutons ci-dessous qui vous amèneront à des sites internet de confiance.

Les critères draconiens de l'Église sont présentés dans la page Arguments en faveur de l'existence de Dieu.

Toute l'histoire du Salut commence par un simple « oui ». Par son acceptation du dessein divin, et sa prédisposition à l'égard de l'Esprit Saint, la jeune Marie, choisie dès l'origine et conçue Immaculée, épouse de Joseph, devient la "Première en chemin" sur la route de la vie éternelle promise par Dieu. Depuis 2000 ans, à travers le monde, la Mère de Dieu et notre Mère à tous, nous offre sa main pour nous y conduire. Marie, porte du ciel, constitue le troisième et dernier volet de la trilogie Eternam des réalisateurs Sabrina et Steven Gunnell, qui témoigne de la sollicitude de Dieu pour son peuple. Marie est le centre de ce troisième volet. Ce documentaire Éternam III Marie porte du ciel est illustré de nombreux témoignages émouvants.

 

Marie en musique

Un Ave Maria sage mais renouvelé signé par le groupe pop chrétien Glorious.

Ave Maria de Schubert (classique)

Étonnante Loreena McKennitt, spécialiste de la musique celtique et du monde, qui rend hommage à la Vierge Marie avec son Κεχαριτωμένη = kecharitōmĕnē (grec) = Pleine de Grâce.

Ave Maria de Caccini (classique)

Totus Tus Maria, ([je suis] tout à toi Marie),

un magnifique chant traditionnel accompagné au piano. 

Prières de la Vierge Marie

Prière Vierge Marie chapelet litanies je vous salue

Pourquoi les catholiques prient-ils Marie ?

Car elle intercédé auprès de son fils à Cana, lors du mariage où n'y avait plus de vin, et Jésus, suite à l'intercession de sa mère, a effectué son premier miracle public. De plus, il est certain que Marie a intercédé pour le monde au pied de la croix, sachant que son Fils mourait pour racheter le péché du monde.
Toute leur vie, avec le « Je vous salue Marie », les chrétiens catholique ont répété des milliers et milliers de fois ces paroles : « Priez pour nous maintenant et à l’heure notre mort ». Alors, qui pourrait penser que la Vierge Marie reste passive ou indifférente à un tel moment, et ne pas intercéder auprès de son Fils ? Saint Alphonse de Liguori rapporte cette anecdote dans son best-seller Les Gloires de Marie : « Saint Jean de Dieu, se trouvant près de mourir, attendait la visite de Marie : il aimait tant cette bonne Mère ! Ne la voyant point paraître, il s’attristait et peut-être s’en plaignait-il. Quand le moment fut venu, la divine Mère se montra devant lui, et, comme pour le reprendre tendrement de son peu de confiance, elle lui adressa ces paroles si réconfortantes pour les serviteurs de Marie : “Ce n’est pas ma coutume d’abandonner à pareille heure ceux qui m’ont suivie.” »

Prier Marie avec le Rosaire (chapelet)

Pour connaître les grâces spéciales que Marie a promises à ceux qui se consacreront à son Cœur Immaculé.

Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, Pleine de Grâce, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles est béni.

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort, Amen

Litanies de la Vierge Marie

Seigneur, Prends pitié (bis)
Ô Christ, Prends pitié (bis)
Seigneur, Prends pitié (bis)
Jésus-Christ, Écoute-nous (bis)
Jésus-Christ, Exauce-nous (bis)

Père du Ciel, Seigneur Dieu, Prends pitié de nous
Fils Rédempteur du monde, Seigneur Dieu, Prends pitié de nous
Saint-Esprit, Seigneur Dieu, Prends pitié de nous
Sainte Trinité un seul Dieu, Prends pitié de nous

Sainte Marie, Priez pour nous
Sainte Mère de Dieu, Priez pour nous
Sainte Vierge des vierges, Priez pour nous
Mère de Jésus, Priez pour nous
Mère du Christ, Priez pour nous
Mère du Sauveur, Priez pour nous
Mère du Seigneur, Priez pour nous
Mère conçue sans le péché originel, Priez pour nous
Mère très pure, Priez pour nous
Mère très chaste, Priez pour nous
Mère sans tache, Priez pour nous
Mère toujours Vierge, Priez pour nous
Mère digne d’amour, Priez pour nous
Mère admirable, Priez pour nous
Mère du Bon Conseil, Priez pour nous
Mère du Bel Amour, Priez pour nous
Mère de Miséricorde, Priez pour nous
Mère de l’Espérance, Priez pour nous
Mère de l’Église, Priez pour nous
Mère de tous les hommes, Priez pour nous
Mère bénie entre les mères, Priez pour nous
Vierge comblée de grâces, Priez pour nous
Vierge très sainte, Priez pour nous
Vierge très humble, Priez pour nous

Vierge très pauvre, Priez pour nousVierge très croyante, Priez pour nous

Vierge très obéissante, Priez pour nous
Vierge très priante, Priez pour nous
Vierge très prudente, Priez pour nous
Vierge très fidèle, Priez pour nous
Vierge souffrante, Priez pour nous
Vierge digne de vénération, Priez pour nous
Vierge digne de louange, Priez pour nous
Vierge exultante, Priez pour nous
Vierge puissante, Priez pour nous
Vierge pleine de bonté, Priez pour nous
Vierge bénie entre les vierges, Priez pour nous
Ève nouvelle, Priez pour nous
Fille de Sion, Priez pour nous
Héritière de la Promesse, Priez pour nous
Servante du Seigneur, Priez pour nous
Cité de Dieu, Priez pour nous
Demeure de la Sagesse, Priez pour nous
Miroir de la Sainteté divine, Priez pour nous
Cause de notre joie, Priez pour nous
Temple du Saint-Esprit, Priez pour nous
Demeure comblée de gloire, Priez pour nous
Demeure toute consacrée à Dieu, Priez pour nous
Rose mystique, Priez pour nous
Tour de David, Priez pour nous
Tour d’ivoire, Priez pour nous

Maison d’or, Priez pour nous

Arche de la nouvelle Alliance, Priez pour nous
Porte du Ciel, Priez pour nous
Étoile du matin, Priez pour nous
Splendeur du monde, Priez pour nous
Femme bénie entre les femmes, Priez pour nous
Médiatrice de grâces, Priez pour nous
Soutien des consacrés, Priez pour nous
Modèle des épouses, Priez pour nous
Santé des malades, Priez pour nous
Refuge des pécheurs, Priez pour nous
Consolatrice des malheureux, Priez pour nous
Avocate des opprimés, Priez pour nous
Secours des chrétiens, Priez pour nous
Notre Dame du Perpétuel secours, Priez pour nous
Notre Dame des sept douleurs, Priez pour nous
Notre Dame de Lourdes, Priez pour nous
Notre Dame du mont Carmel, Priez pour nous
Notre Dame du Rosaire, Priez pour nous
Notre Dame du Sacré-Coeur, Priez pour nous
Notre Dame de la Divine Providence, Priez pour nous
Reine élevée au Ciel, Priez pour nous
Reine des anges, Priez pour nous
Reine des archanges, Priez pour nous
Reine des Patriarches, Priez pour nous
Reine des Prophètes, Priez pour nous
Reine des Apôtres, Priez pour nous
Reine des Martyrs, Priez pour nous
Reine des confesseurs, Priez pour nous
Reine des Pasteurs, Priez pour nous
Reine des missionnaires, Priez pour nous
Reine des docteurs, Priez pour nous
Reine des Vierges, Priez pour nous

Reine des consacrés, Priez pour nous
Reine des fidèles, Priez pour nous
Reine des pauvres, Priez pour nous
Reine de tous les saints, Priez pour nous
Reine du monde à venir, Priez pour nous
Reine de la Paix et de la Réconciliation, Priez pour nous
Reine de la famille, Priez pour nous
Reine des Missions, Priez pour nous

Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde, Épargne-nous, Seigneur
Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde, Exauce-nous Seigneur
Agneau de Dieu qui enlèves les péchés du monde, Prends pitié de nous Seigneur

V. Priez pour nous Sainte Mère de Dieu,
R/. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions :
Seigneur, daignez nous accorder, à nous vos serviteurs, de jouir toujours de la santé de l’âme et du corps ; et par la glorieuse intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge, délivrez-nous des tristesses de la vie présente, et donnez-nous d’avoir part aux joies éternelles. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur.
Amen !

Où est morte la Vierge Marie ?
De quoi est morte la Vierge Marie ?
À quelle âge est morte la Vierge Marie ?

 

Personne n'a de réponse précise à ces questions. La dernière mention de la présence de la Vierge Marie dans les Évangiles est celle de l'envoi de l'Esprit Saint aux apôtres et personnes présentes dans le Cénacle, dont elle-même, le jour de la Pentecôte, peu de temps après la Résurrection de Jésus. Il n'est fait état dans les Évangiles ni de la mort, ni de l'âge à laquelle la Vierge Marie serait morte, ni de quoi.

Toutefois, Saint Luc n'aurait pas pu écrire les détails de l'enfance de Jésus, la fuite en Égypte sans une source fiable qui ne peut être que la Vierge Marie elle-même.

On peut avoir la certitude que Saint Jean s'est occupé de la mère de Jésus jusqu'à la disparition de cette dernière puisque Jésus la lui a confiée avant de mourir sur la croix, afin, premièrement de lui assurer une protection masculine indispensable à cette époque pour toute femme seule, et aussi et surtout pour la donner comme mère à chaque homme de la terre. Car, oui, Jésus nous a donné une mère pour l'éternité, Sa Mère.

Près d'Éphèse (actuellement en Turquie) où serait situé le tombeau de Saint Jean se trouve une maison nommée Maison de Marie qui pourrait indiquer que l'apôtre préféré de Jéus a vécu là avec la mère de Jésus et qu'ils y seraient morts tous les deux.

A Jérusalem, près de Gethsemani, les orthodoxes revendiquent dans une église à moitié sous terre, le tombeau de la Vierge.

Personne n'est d'accord non plus sur le décès de la Vierge. Orthodoxes et catholiques croient à la "dormition" de la Vierge, c'est-à-dire que comme la Belle au Bois Dormant, elle se serait simplement endormie et serait montée au ciel lors de son Assomption, d'où la fête du 15 août. Ce qui semble à première vue un conte pour esprit crédule ne l'est finalement pas tant que ça. Comment imaginer Jésus, aimant profondément sa mère, et le Père Éternel l'ayant choisie de toute éternité, n'offrant pas à celle qui a dit "oui" à deux reprises, la seconde lui ayant percé le cœur (lire plus haut) le meilleur pour sa mort et une place privilégiée au ciel ? C'est donc tout à fait crédible. À noter qu'une église de la Dormition est érigée au sud du mont Sion et des remparts sud de la Vieille Ville de Jérusalem, à deux pas du présumé Cénacle, lieu du dernier repas de Jésus avec les disciples.

Quant à l'âge à laquelle la Vierge serait morte ou aurait quitté la terre, on peut imaginer, si l'on part de l'hypothèse plausible que la Vierge avait 15 ans au moment où Jésus s'est incarné en elle, et 49 ans lorsqu'il est mort à 33 ans, que la Vierge aurait pu vivre encore une dizaine d'années, le temps de renseigner Saint Luc et de soutenir les premiers pas de l'Église de son Fils avant que ce dernier ne la rappelle près de lui. On imagine la joie de la Vierge de savoir son fils près du Père et dans la gloire pour l'éternité, mais on imagine aussi que Marie devait avoir envie de revoir son Fils sans tarder. Ainsi, l'hypothèse d'une mort aux alentours de 55 ou 60 ans semble tout à fait plausible.

Marie prend soin des enfants

 « Le juste périt (...) En fait, c’est pour être soustrait au mal que le juste est enlevé ;  il entrera dans la paix, et ceux qui suivent le droit chemin, quand ils se couchent, trouveront le repos.»

Isaïe 57, 1-2

Antonio Terranova et la Vierge Marie

Antonio, 8 ans, décédé d’un cancer :

« Maman, la Vierge Marie est venue me chercher »

Gaspard, décédé lui aussi d'un cancer, a bouleversé tout son entourage, famille, soignants/

mariedenazareth.com

 À Jésus par Marie

Eglise Marie de Nazareth à Nazareth
Logo site mariedenazareth.com

www.mariedenazareth est à l'origine d'un projet de découverte de Jésus par la Vierge Marie, sur internet mais aussi en Terre Sainte où a été ouvert le Centre International Marie de Nazareth, juste en face de la Basilique de l'Annonciation.

L'équipe est à l'origine de nombreux sites internet, par exemple le site de prières Hozana, mais aussi Jésus Aujourd'hui www.jesusaujourdhui.com, dont sont extraits les commentaires des Évangiles présentés dans ces pages. 

Le site internet www.mariedenazareth est une mine pour tout savoir sur la Vierge Marie et progresser dans la foi, vers Jésus, avec elle.

Vidéos, questions-réponses sur Dieu, les preuves de son existence, enseignements, points de théologie...

Livret mariedenazareth.com
A Jésus par Marie, site jesusdenazreth.com
Logo Jésus aujourd'hui

Jésus, Marie et Joseph,
la Sainte Famille
dans les Évangiles, extraits

Ange Gabriel annonce naissance Jean Baptiste à Zacharie
Annonciation à Marie par ange Gabriel
Tu es bénie entre toutes les femmes, Elisabeth ouvre les bras en voyant Marie

L'ange Gabriel annonce l

a naissance de Jean le Baptiste

(Lc 1, 5-25)

 

« Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth. Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute la multitude du peuple était en prière au dehors à l’heure de l’offrande de l’encens. L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit. L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. » Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. » L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps. » Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui. Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait : « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. » 

Au centre du récit de l'annonce faite à Zacharie, nous venons d'entendre les paroles de Gabriel décrivant la personnalité spirituelle et la mission du Baptiste.

Le nom que Zacharie lui donnera, ce nom indiqué par l'Ange et donc choisi par Dieu, est à lui seul le résumé du message que le Baptiste proclamera : Yô-hânan : "Dieu fait grâce". Et parce que Jean sera porteur de cette bonne nouvelle : "Dieu fait grâce au monde", il sera cause de joie, non seulement pour ses parents, mais pour beaucoup d'autres.

L'Ange ajoute : "Il sera grand devant le Seigneur", c'est-à-dire : Dieu aura toujours pour lui un grand amour et un grand dessein. De fait Dieu a tellement les yeux sur Jean le Précurseur qu'il lui indique d'avance le chemin de sa double consécration : D'une part, comme autrefois Samson, il sera nazir, et son ascèse volontaire le désignera à tous comme un homme qui porte la livrée des vrais serviteurs ; d'autre part l'Esprit fera de lui un prophète dès le sein de sa mère, comme Élisabeth le vérifiera au jour de la Visitation.

Dieu annonce d'avance son projet : il rêve d'avance de l'enfant en même temps que sa mère.

Puis l'Envoyé s'attarde sur cette mission prophétique de Jean, qui se déploiera sous le signe d'Élie l'homme de Dieu, avec la force spirituelle et la puissance d'Élie. Et ce que l'Ange décrit là, c'est équivalemment la mission prophétique de l'Église, peuple de Dieu, que vous avez à vivre, mes sœurs, dans le silence de l'oraison et dans la vie fraternelle : Ramener les hommes au Seigneur Dieu, marcher devant sous le regard de Dieu, ramener le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer pour le Seigneur un peuple bien disposé.

C'est une mission tout entière tournée vers l'espérance, et vers l'avenir que Dieu fera pour les hommes et avec les hommes, car il ne s'agit pas tant de ramener le cœur des enfants vers leur père que de ramener le cœur des pères vers leurs enfants.

Il s'agit donc, pour les aînés, de croire au monde que bâtiront les plus jeunes, d'espérer pour eux, d'espérer avec eux, et de les aider à bâtir. Il s'agit, pour l'Église d'aujourd'hui, de croire en l'Église de demain. Le Carmel d'aujourd'hui est ainsi appelé à croire au Carmel de demain, qui sera encore, à sa manière, un lieu prophétique où des baptisés et des nazirs de Jésus marcheront devant sous le regard de Dieu.

Ne cédons pas à la peur de l'inconnu. Ne disons pas, comme Zacharie : "À quoi le saurai-je ?" Laissons grandir en nous, dans la confiance, l'Église de demain, le Carmel de demain, avec la joie cachée d'Élisabeth, qui redisait, en attendant son enfant : "Voilà ce qu'a fait pour moi le Seigneur, au temps où sur moi il a jeté les yeux".

« Voici que tu vas concevoir

et enfanter un fils »

(Lc 1, 26-38)

 

« Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta. »

Premier commentaire

"Le sixième mois, l'Ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une bourgade de Galilée appelée Nazareth".

Prenons conscience du mystère que représente Nazareth dans le grand mystère du plan de Dieu.

Le messager de Dieu fut envoyé à Nazareth ; et le salut a commencé dans un village. L'un des plus grands secrets du cœur de Dieu, en tout cas celui qu'il nous révèle avec le plus d'insistance, c'est qu'il aime passionnément l'ordinaire des choses et des personnes, sans doute parce qu'il est le seul à voir vraiment la beauté de ses créatures.

Dieu aime que la puissance, l'extraordinaire puissance de son amour, travaille en l'homme et dans le monde des hommes sans rien bousculer, sans rien déranger. Et c'est cette divine discrétion du Maître de l'histoire qui le fait paraître absent ou lointain. En réalité il est bien présent, activement, amoureusement présent, mais tellement présent qu'il n'a pas besoin d'imposer sa présence.

C'est pourquoi, avec Dieu, les commencements sont souvent modestes : Gabriel est venu au village ...

Trop souvent, dans le cheminement de notre foi, nous passons à côté du réel de Dieu, parce que nous l'attendons ou le cherchons dans l'extraordinaire, dans un monde autre, dans un monde déconnecté du quotidien, ou sur une route à la mesure de notre projet, de notre désir ; et c'est nous-mêmes alors qui créons le sentiment de l'absence de Dieu. C'est alors que les inventions de Dieu nous déconcertent et que sa route nous paraît déroutante. En réalité ce n'est pas Dieu qui s'absente, c'est nous qui vivons "absents de lui" (Teresa) ; ce n'est pas Dieu qui s'éloigne, c'est nous qui avons quitté Nazareth ; ce n'est pas l'heure de Dieu qui tarde, c'est nous qui ne l'attendons plus.

Marie, à Nazareth, n'a pas d'autre projet que de laisser faire Dieu et de trouver grâce auprès de lui, à la louange de sa gloire ; et c'est pourquoi, même si le message de Dieu la bouleverse parce que l'irruption de son amour est toujours bouleversante, sa première réponse est déjà heureuse et soumise : "Voici la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole". 

Deuxième commentaire

Écoutons de nouveau Gabriel parler d'un enfant qui va naître. Cette fois il ne s'agit plus du Précurseur, mais du Messie lui-même ; et l'annonce n'est plus faite à Zacharie incrédule, mais à Marie servante, forte et douce dans sa foi.

"Tu lui donneras le nom de Jésus", dit l'Ange. Première chose étrange : c'est Marie qui nommera son fils, en l'absence d'un père humain à qui cela reviendrait. Quant au nom, Jésus, "Dieu sauve", il était depuis longtemps courant en Israël, puisque déjà du temps de Moïse c'était le nom de Josué, fils de Nun.

Mais ce Jésus annoncé à Marie sera un personnage hors-série. D'abord il sera "grand" ; non pas seulement "grand devant le Seigneur", comme Jean-Baptiste, mais grand absolument. Et l'Ange le décrit aussitôt comme le Messie attendu : "il sera appelé le Fils du Très-Haut". Dans le langage biblique, le fils du Très-Haut, c'était le messie, le roi oint, le fils de David adopté par Dieu. Cepen­dant Jésus fils de Marie sera Messie en un sens tout nouveau, car non seulement il aura le trône de David son ancêtre, mais "son règne n'aura pas de fin"

Jusque-là Marie a pu deviner plusieurs choses au sujet de son enfant à naître : Elle nommera elle-même son fils, il sera le Messie, mais un Messie définitif. Dieu renchérit donc sur son plan de salut tel qu'il l'avait annoncé par les prophètes ! Et Marie, déjà, entre dans le plan de Dieu. Sa réponse est l'obéissance d'une croyante pleinement responsable. Elle ne dit pas : "C'est impossible !" ; mais elle demande : "Puisque cela se fera, comment cela se fera-t-il ?"

Le messager de Dieu utilise alors la question posée par Marie pour lui dévoiler ce que sa maternité aura d'inouï : "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut fera ombre sur toi". Comme la Nuée, dans le désert, reposait sur la demeure de Dieu ou sur le peuple (Ex 40,34; Nb 9,18-22), la puissance efficace de Dieu, qui n'est autre que son Esprit Saint, va reposer sur Marie et faire grandir en elle, nouvelle Ève, les prémices de la nouvelle création. C'est pourquoi l'enfant à naître "sera saint", de la sainteté même de Dieu, et "il sera appelé Fils de Dieu", non plus seulement comme le roi adopté par Dieu, mais comme le Messie né de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu.

Voilà donc le mystère de Jésus, dévoilé à Marie avec les mots de l'Alliance.

Et Marie, parce qu'elle est sainte, ne se dérobe pas au mystère. Parce qu'elle est humble, elle ne s'effraie pas du choix de Dieu ; parce qu'elle est d'avance toute donnée, elle avance vers l'inconnu en tendant sa main à Dieu : "Je suis la servante du Seigneur !"

Elle n'a pas besoin de précisions, de délais, ni d'assurances supplémentaires ; elle n'a pas besoin d'autre force que celle de Dieu : "Qu'il m'advienne selon ta parole !"

Réalisme de la foi, engagement total au service de Dieu : tel est le message que Marie nous apporte, au cœur de l'Avent, pour préparer en nous le chemin du Seigneur.

Il nous faut oser vivre et oser croire. Oser vivre en croyants, oser vivre de la foi ; croire dans la vie et vivre de ce que nous croyons. C'est ce que Marie a fait, à longueur d'existence, sur la base d'une vie journalière tout aussi étroite et pesante que celle des femmes de son temps, et dans un environnement social et politique tout aussi précaire et décevant que le nôtre.

Les grandes choses que Dieu a faites pour elle, il les a réalisées dans l'ordinaire et le quotidien de sa vie, et elle est devenue le témoin privilégié de l'Évangile sans cesser d'être elle-même, sans quitter ses limites, en se situant jusqu'au bout comme une servante de Dieu.

Mais elle a su ne pas manquer le passage du Seigneur, le grand moment de la foi : elle a eu le courage d'admettre que rien n'est impossible à Dieu. Elle a osé, parce qu'elle a cru ; et sa vie en a été transformée.

« Tu es bénie entre toutes les femmes »

(Lc 1, 39-45)

 

« En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » 

 Deux femmes se saluent sur le seuil de la Nouvelle Alliance : l'une est vieillissante, l'autre encore toute jeune ; et à elles deux elles résument toute l'histoire sainte : derrière Élisabeth, toute ridée, se profilent de longs siècles de préparation, et Marie, rayonnante, sans tache ni ride, annonce l'Église de Jésus.

Elles ont en commun leur espérance et leur maternité, mais surtout le fait que leur maternité les engage tout entières dans le plan de Dieu, et que leurs deux enfants sont des enfants de l'impossible : Élisabeth était stérile, et Marie avait décidé de rester vierge.

Toutes deux témoignent dans leur chair que rien n'est impossible à Dieu ; mais quelle différence entre les deux bébés qu'elles portent ! L'un, par miracle, est le fils de Zacharie, l'autre, par miracle, est le propre Fils de Dieu. C'est pourtant Marie qui salue la première, elle la servante porteuse du Serviteur ; mais dès que le son de sa voix parvient à Élisabeth, celle-ci sent son enfant tressaillir dans son sein. Il n'y a là, en soi, rien d'extraordinaire pour une mère qui en est à son sixième mois, mais l'Esprit Saint, qui fait irruption en elle, lui dévoile la portée symbolique de ce mouvement de l'enfant au moment même de l'arrivée de Marie.

Élisabeth, dans un grand cri, annonce ce que l'Esprit vient de lui révéler, et son cri est une double bénédiction : "Bénie es-tu entre les femmes. Béni le fruit de ton sein !"

Elle a compris en un éclair, le temps d'un cri. Et tout de suite elle se situe à sa vraie place. Elle, l'ancienne, s'efface devant la jeune mère du Messie : "Comment m'est-il donné que vienne à moi la Mère de mon Seigneur ?" Et elle ajoute ensuite, en quelque sorte : "Mon enfant a compris avant moi, puisque, en moi, il a tressailli d'allégresse quand tu t'es approchée, porteuse du Messie !"

Ainsi le face à face des deux mères ne fait que transcrire la rencontre invisible des deux enfants. Jésus revêt sa mère de sa dignité de reine ; Jean éveille sa mère à l'accueil du mystère des œuvres de Dieu. Et pour annoncer au monde que le malheur d'Ève est pour toujours chassé de la mémoire, l'Esprit Saint a voulu que le premier dialogue sur l'espérance du monde fût celui de deux femmes enceintes, images parfaites de l'attente du bonheur.

C'est d'ailleurs sur cette note de bonheur que s'achève la salutation d'Élisabeth : "Bienheureuse celle qui a cru qu'il y aurait un accomplissement pour ce qui lui a été dit de la part du Seigneur !"

La béatitude de Marie s'enracine dans la foi, et Jésus lui-même le proclamera solennellement, le jour où une femme, dans la foule, élèvera la voix pour lui dire : "Bienheureuse la femme qui t'a porté et nourri !"  Jésus répondra en apportant la nuance essentielle : "Tu veux dire : la femme qui accueille la parole et qui la garde !"

C'est la béatitude de tous ceux qui ont bâti leur vie sur la promesse de Dieu.

Tous nous avons besoin que l'Église nous apporte sa certitude : il y aura un accomplissement pour ce qui a été dit de la part du Seigneur, et le Christ, invisiblement, est en train de grandir dans le monde, dans notre communauté, dans notre famille, et dans le cœur de tous ceux que Dieu nous a confiés.

Tout s'accomplira selon la promesse :  le Christ est venu, il vient, et il viendra. Il est venu dans l'humilité, il vient dans l'intimité et par cette Eucharistie, il viendra dans l'immense clarté de sa gloire. Mais parce que la foi est difficile, parce que l'espérance retombe très vite dans notre cœur, Marie, aujourd’hui, vient nous visiter de la part de Dieu, pour nous redire : "Tu ne sais pas combien le Seigneur est proche !"

À nous maintenant de savoir nous étonner de ce que Dieu fait.

À nous de redire avec la surprise d'Élisabeth : "D'où me vient ce bonheur que vienne jusqu'à moi la Mère de mon Seigneur ?"

Vierge Marie enceinte cathédrale Cordoue
Zacharie écrit son nom est Jean
Jésus prit pour épouse Marie

« Le Puissant fit pour moi des merveilles »

(Lc 1, 46-56)

« En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. » Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. »

Le Magnificat est à la fois le cantique de Marie et une hymne des pauvres de Dieu.

Dans les premiers versets, Marie parle d'elle-même, de son allégresse, de son humilité et de son bonheur, que proclameront dans l'Église toutes les générations jusqu'à la fin des temps ; puis elle rassemble autour d'elle, en quelque sorte, tous ceux qui révèrent le Seigneur et qui sont, eux aussi, l'objet de sa miséricorde.

Le même Dieu dont le nom est saint a fait pour Marie de grandes choses et a fait "œuvre de force" par son bras pour le peuple des humbles. Marie ne sépare pas ce que Dieu a fait pour elle et ce qu'il a fait pour toute la descendance d'Abraham, pour tous ceux qui vivent de la foi ; car elle se sent membre du peuple de l'alliance : elle est servante (doulè), membre de l'Israël serviteur (paîs), et ce que Dieu a réalisé par elle est miséricorde pour tous les affamés de lumière et de vie.

Ce réflexe de Marie s'effaçant dans le peuple des sanctifiés est pour nous, dans la vie consacrée, riche d'enseignement.

Si nous avons choisi, sur un appel de Jésus, une destinée d'humilité et de service, si à longueur d'oraison nous guettons le moment où Dieu jettera les yeux sur nous, si nous nous offrons, pauvrement, au feu de l'Esprit et si nous entrons courageusement "sous son ombre", c'est au nom de tous les chercheurs de Dieu, c'est pour la paix de tous ceux que Dieu aime; et les grandes choses que Dieu fait pour nous, dans le secret où lui seul peut voir et opérer, sont ordonnées au bonheur de tout un peuple, à la sainteté de toute l'Église, au salut du monde tout entier.

Le lieu où le Seigneur nous a plantés - concrètement le monastère qui a reçu nos grandes promesses - peut bien nous surprendre parfois par le mélange qu'il nous offre de grandeurs et de limites, de fidélités et de misères ; il n'en est pas moins, lui aussi, habité par une vocation à l'universel, et cette responsabilité universelle est pour chaque monastère l'antidote à toutes les tristesses et à tous les replis, car "le monde est en feu" (Thérèse d'Avila) et le temps presse pour aimer.

Comme Marie exultante, le Carmel se situe au cœur de l'Église, au cœur du monde à sauver.

Comme Marie servante, le Carmel assume dans sa prière toute l'espérance du peuple du Oui.

Comme Marie "bienheureuse", chaque carmel accueille dans l'humilité les grandes choses que Dieu continue de faire en lui, dans sa miséricorde pour le monde qu'il aime.

À l'école de Marie, le Carmel apprend la compassion.

À Nazareth le Carmel apprend le langage de la Croix, et la prière universelle.

Naissance de Jean Baptiste

(Lc 1, 57-66)

« Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. »

Personne ne s'attendait à cela: une vieille femme avec un bébé magnifique ! et dans la maison d'Élisabeth tout le village défilait. On voulait voir l'enfant, féliciter le vieux couple, et les plus clairvoyants, se souvenant des Écritures, se disaient : "Vraiment, rien n'arrête le Seigneur, que ce soit la vieillesse ou la stérilité".

Ni les voisins ni la famille n'auraient voulu manquer la fête du huitième jour. L'atmosphère était à la joie, à la jeunesse, au renouveau. Une seule ombre au tableau: Zacharie était toujours muré dans son silence.

Il avait douté de la puissance de Dieu ; et à l'Ange qui lui annonçait une naissance prochaine, il avait répondu : "Qu'est-ce qui m'en assurera ?". Comme si la parole de Dieu ne suffisait pas, il avait demandé un signe... et le signe était venu, inattendu, décevant, étrange: une impuissance à communiquer.

Dès qu'un croyant décroche du niveau de la foi, dès qu'il quitte le terrain de la Promesse, dès qu'il commence à contester l'initiative de Dieu, il n'a plus de parole à faire entendre à ses frères ; dès lors qu'il refuse ce que Dieu lui dit, il n'a plus rien à dire au nom de Dieu.

De là viennent souvent les mutismes dans l'Église : on comptait sur telle homme, sur telle femme, et ils sont tout à coup devenus muets. Pour n'avoir pas accueilli telle parole de Dieu, ils ont perdu leur propre parole; pour avoir trouvé invraisemblable l'espérance que Dieu leur offrait, ils se sont coupés de la joie réservée aux coeurs pauvres.

Mais après le doute vient le moment de la foi, et Zacharie, en griffonnant sur sa tablette, appuie de toute son autorité la résolution d'Élisabeth: l'enfant s'appellera, non pas Zacharie, comme son père, mais Jean.

Ce qui est en cause ici, ce n'est pas tellement la signification des deux noms, car les deux sont aussi beaux et aussi profonds l'un que l'autre. Zakar-yah, "Dieu s'est souvenu", et Yô-hânan, "Dieu a fait grâce", ce sont, au fond, deux noms équivalents, car pour Dieu, se souvenir, c'est faire grâce, c'est prolonger sa grâce, et quand Dieu fait grâce, c'est toujours dans l'axe d'une promesse, et donc dans l'axe du souvenir.

La différence est ailleurs : Zacharie serait le nom donné par un homme, le nom d'un père humain et le rappel d'une lignée humaine ; tandis que Yôhânan est le nom que Dieu a donné, une sorte de nom-programme pour la vie du Précurseur.

Ainsi le bébé s'appellera Jean, et Zacharie le vieux prêtre se rallie au programme de Dieu. Le Seigneur lui-même a nommé l'enfant du vieil homme, et c'est là qu'est tout le mystère. Lors de la création, selon la théologie imagée de la Genèse, Dieu avait demandé  à l'homme de nommer tous les êtres qui formaient son monde; et voilà qu'à l'inverse Dieu se réserve de nommer certains enfants des hommes, ceux sur qui d'avance il pose sa main.

Ainsi en va-t-il de nos créations, de nos œuvres, de nos projets de vie. À quoi servirait-il de vouloir à tout prix leur donner un nom d'homme, quand Dieu lui-même les garde sous sa main pour leur donner en temps voulu un nom connu de lui seul ?

Si Dieu notre Père a déjà fait tant de merveilles dans notre pauvreté, s'il parvient à susciter malgré tout la vie dans la terre stérile de notre amour, comment ne pas lui faire confiance jusqu'au bout ? C'est peut-être le geste filial que Dieu attend de nous pour nous rendre la parole, pour faire de chacun de nous un vrai témoin de sa miséricorde.

Jésus naîtra de Marie

(Mt 1, 18-24)

 

« Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ. Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. »

Premier commentaire

Dieu a fait en elle "de grandes choses", les choses les plus merveilleuses qui puissent enrichir une créature humaine : enfanter le Fils de Dieu, donner ses traits à Celui qui est au-delà de tout visage, et pourtant cette grâce immense a tous les dehors d'un drame. Marie ne peut faire comprendre ce que Dieu seul a fait ; elle ne peut, à elle seule, introduire Joseph dans le plan de Dieu, et elle se réfugie dans le silence, un silence qui la condamne parce Dieu seul pourrait le lever.

Or Dieu répond à la détresse de Marie en envoyant son Messager à Joseph : "Ne crains pas ! Tout ce que tu constates et qui te paraît un non-sens est l'œuvre mystérieuse de ton Dieu. Accepte ce bébé et nomme-le Jésus, car par lui Dieu sauvera son peuple de ses péchés et le délivrera en une fois de ce poids qu'il traîne au long des siècles comme une chape de malheur."

Ainsi les voies de Dieu déroutent l'homme, mais pour le mettre sur le chemin de la joie, du don parfait et de la totale obéissance. Les espérances terrestres perdent de leur éclat, parce que Dieu réserve à l'homme un trésor dans le ciel, qui sera manifesté quand le Ressuscité se manifestera, mais qui surpassera toutes les attentes de ce monde. Ce qui n'était pas monté au cœur de l'homme et ne pouvait pas y monter, Dieu le réalisera au jour de la gloire par des chemins connus de lui seul, mais qui sont autant d'inventions de son amour de Père.

Dieu se plaît à surprendre, et toute son œuvre porte la marque du paradoxe : du plus petit des clans de Juda doit sortir celui qui gouvernera Israël ; Celui qui paraîtra parmi les hommes remonte à l'aube des siècles, une Vierge va enfanter, son Enfant sera à lui seul la paix, et sa puissance s'étendra jusqu'au bout de la terre.

La même disproportion se fait jour dans la vie de toutes celles que le Seigneur appelle : d'une humble femme aux pieds meurtris par les cahots du chemin, Dieu fait une reine et lui fait épouser son dessein, qui est de réconcilier avec lui tous les hommes ; d'une baptisée qui chaque jour doit se convertir il fait une ouvrière de son plan de salut ; d'une pauvre enfouie dans le silence d'un Carmel il tire des trésors de bonté, de pardon et de joie.

Tel est le parti pris de Dieu, tel est son style qui nous dépayse et nous prend en porte-à-faux, nous qui avons l'habitude de tout calculer selon ce qui se voit. La seule chose qu'une jubilaire ait envie de célébrer, c'est la fidélité de son Dieu qui l'a guidée si longtemps par des sentiers inconnus et imprévisibles, mais qui se sont tous révélés des chemins de son amour. Dieu a le secret de faire de chaque vie une œuvre irremplaçable et de tout peser au seul poids de la charité. Face à ces choix divins, nos réussites humaines pâlissent, et le plus sûr, le plus apaisant et le plus décisif, est de laisser à Dieu tout bilan de notre vie.

C'est la grâce mariale du grand âge, que la Mère de Dieu ne refuse jamais à celles qui lui font confiance. Nous n'avons pas d'autre chose à chanter que le regard de Dieu qui s'est posé sur nous. Nous n'avons pas d'autre joie, au fond du cœur, que celle de lui appartenir pour toujours parce qu'il a daigné se souvenir de notre humilité. Aucune autre ambition ne nous habite que de rejoindre le Fils de Dieu pour le grand repos qu'il nous prépare, pour le jubilé du ciel qui durera l'éternité, avec tous ceux que notre amour aura rapprochés de lui.

La Vierge Marie nous y attend, elle que nous n'aurons cessé ici-bas de regarder, de chanter et de servir.

 

Deuxième commentaire

Une ombre s'est glissée dans le bonheur de Joseph. Désormais Marie est perdue pour lui : il va se retrouver seul, et elle aussi sera seule pour toujours. Tout cela est si inattendu,  si mystérieux et si incroyable que Joseph ne sait plus que faire; mais c'est là que sa sainteté et sa sagesse spirituelle apparaissent en pleine lumière. C'est là qu'il réagit en homme juste, pleinement ajusté au vouloir de Dieu.

Dans l’incertitude, sa première réaction est de s'arrêter à la solution la plus respectueuse de la personne de Marie. C'est le réflexe d’un homme bon, au cœur grand. Il respecte trop Marie pour la vouer à la réprobation de tout le village, et il respecte trop la loi de Dieu pour fonder un foyer sur des bases aussi incertaines. Il va donc simplement, mais la mort dans l'âme, rendre à Marie sa liberté.

Cette grandeur d’âme de Joseph s’enracine en Dieu, et Dieu vient au devant de son serviteur: il lui révèle son dessein. Dès lors tout s’éclaire: Joseph comprend le silence de Marie, il saisit d’une seule intuition de foi ce que Dieu attend d'elle et ce que Dieu attend de lui. Dieu, de nouveau, les réunit pour les insérer tous deux au cœur de l’histoire du salut. Elle donnera au Messie sa chair et ses traits; lui, fils de David et charpentier, sera là pour lui donner légalement un nom dans la lignée royale de David.

Respect maximum des personnes, accueil docile des initiatives de Dieu: telles ont été les réactions de Joseph devant le mystère de la maternité de Marie. Et c’est bien ainsi qu'il nous faut à notre tour approcher du mystère de l'action de Dieu en nous, chez les autres et dans le monde. C'est bien ainsi qu'il faut nous situer, dans la foi, face à la venue du fils de Dieu. La maternité de Marie a été depuis le début enveloppée de silence, comme toutes les grandes œuvres de Dieu, et ce silence qui voile l'incarnation de Jésus, personne jamais ne pourra le percer. Il nous faut, comme Joseph, y entrer par le oui de l'adoration.

La maternité de Marie n'a pas d'autre explication que l'amour de Dieu pour le monde et le choix infiniment libre qu'il a fait d’une femme pour l’associer intimement à son œuvre de recréation. Et puisque c’est Dieu lui-même qui a fait ce choix, puisque c’est lui qui a aimé, voulu et préparé Marie, ne craignons pas, spécialement à quelques jours de Noël, de l’accueillir chez nous, de lui faire une place dans notre souvenir, dans notre prière et dans notre cœur, oui dans notre cœur,  car tout ce qui nous viendra par elle portera la marque de l'Esprit Saint.

Nativité Marie Joseph mangeoire Jésus bergers
Mages sur chameaux venant d'Orient voie lactée
Présentation de Jésus au Temple, Syméon prophétisant

Le Fils de Dieu pour berceau

la mangeoire d'un animal

(Lc 2, 1-7)

 

« En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –

Ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

« L’enfant reçut le nom de Jésus »

(Lc 2, 16-21)

 

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. »

 Quelle est belle, l'espérance dans le cœur des humains !

L'épreuve est là, présente dans beaucoup de familles ; la souffrance et la mort visitent des peuples entiers, et dans notre propre cœur montent des craintes que nous n'arrivons pas à chasser, pour nous et ceux que nous aimons. Et pourtant, ce matin, nous avons dit des dizaines de fois : "bonne et heureuse année !"

L'espérance est bien la plus forte, et aujourd'hui nous voulons tous qu'elle soit victorieuse dans notre vie de famille ou dans notre vie de solitude.

On change d'année ...

En un sens, ce n'est guère qu'un chiffre qui change ; mais c'est pour chacun l'occasion de tourner une page, de trouver une page neuve, libre, accueillante, où il pourra écrire sa vie, exprimer son amour et sa liberté.

Cette espérance de l'année nouvelle, nous la partageons avec tous les humains ; mais notre foi chrétienne la colore d'une manière toute spéciale.

Pour nous, en effet, cette nouveauté qui nous est offerte est un cadeau de Dieu, une preuve de sa fidélité envers nous ; et le bonheur que nous souhaitons à tous, nous savons qu'il vient de ce Dieu qui nous aime. Nous disons non seulement "bonne année !", mais nous pensons, comme nous le suggérait à l'instant l'Écriture :

"Que le Seigneur te bénisse et te garde", lui qui t'aime et que tu vas aimer.

"Que le Seigneur te montre son sourire, qu'il te prenne en grâce", lui qui t'est plus inti­me que l'intime de toi-même.

"Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu'il t'apporte la paix !"

C'est de Dieu que nous attendons la paix et le courage pour la bâtir, partout dans le monde, partout dans notre pays, et à tout moment de notre vie de foyer ou de communauté.

Une autre certitude éclaire notre espérance de chrétiens, c'est que l'année qui vient ne sera pas pour nous une année de servitude, mais un temps que nous allons vivre avec la liberté des fils et des filles de Dieu.

Saint Paul nous le rappelait à l'instant : Dieu, par sa grâce, nous enseigne chaque jour à vivre avec mesure et à réaxer notre désir ; et c'est ainsi, activement, sereinement, en nous passionnant pour Dieu et pour l'homme, que nous attendons et préparons "la bienheureuse espérance, l'apparition en gloire de notre grand Dieu et sauveur, le Christ Jésus" (Tite 2,13). Une vie avec le Christ commence dès "le monde présent", qui nous comblera lors du face à face ; et à ce trésor d'amitié nous venons déjà puiser ce soir en entrant ensemble un instant dans la pensée de Dieu et en recevant le Corps de son Fils, qui est pour nous dès maintenant pain pour la route et gage de vie éternelle.

Une troisième lumière ensoleille nos vœux de chrétiens en ce premier jour de l'année, c'est que nous partageons la nouveauté dans l'Esprit Saint.

Nous tous qui abordons nos frères, nos sœurs et tous nos amis en leur disant : "heureuse année !", nous avons d'abord puisé la paix et l'espérance en Dieu même, et c'est l'Esprit Saint qui tourne doucement notre cœur vers Dieu et qui nous fait prier avec bonheur en redisant : "Dieu, mon Père".

Tout ce que nous allons vivre durant cette année, nous allons le recevoir de la main d'un Père qui nous aime. Qu'il s'agisse de nos joies, de nos épreuves, de notre bonheur familial ou de nos moments de solitude, nous savons que quelque part au fond de notre cœur se trouve un lieu pour tout accueillir en souriant à Dieu.

C'est ce que faisait Marie, la sainte Mère du Christ, qui nous est donnée aujourd'hui pour modèle : elle "gardait tout dans son cœur", et repassait dans son cœur tous les événements de sa vie, pour rejoindre à tout moment la volonté de Dieu et son amour.

C'est aujourd'hui le souhait que nous adresse l'Église : "tout au long de cette année nouvelle, garde au cœur la joie et la paix de Marie".

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi

(Mt 2, 1-12)

 

« Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. »

 

Dans l'Évangile de Matthieu les deux premiers chapitres, appelés souvent évangile de l'Enfance, tranchent un peu sur le reste. Ils constituent une sorte de prologue, écrit à la manière juive, et mêlant avec souplesse les événements et leur interprétation théologique.

Notre intelligence occidentale, éprise de rigueur et de clarté, achoppe sur ce genre de récits. D'instinct nous allons du détail à l'ensemble, et nous sommes prompts, c'est compréhensible, à récuser l'ensemble quand un détail nous arrête ; or c'est la démarche inverse qui nous est demandée ici : il nous faut partir de la signification religieuse du récit, pour apprécier les détails en fonction de la visée globale.

Le texte d'aujourd'hui, consacré à la visite des Mages, se continue dans l'Évangile de saint Matthieu par trois autres épisodes : la fuite en Égypte, le massacre des enfants innocents et l'installation à Nazareth.

Hormis Jésus, le personnage central qui revient dans les quatre tableaux, c'est Hérode, Hérode le bâtisseur, Hérode le cruel, jaloux de son pouvoir ; et le fil rouge qui relie les quatre scènes, c'est le conflit entre les deux rois, le vieux despote et Jésus-Messie, "le roi des Juifs qui vient de naître"(Mt2,2). Mais ce roi Hérode, bien connu des historiens, est pour l'évangéliste Matthieu le symbole du refus d'accueillir le Christ et son message, et ainsi, c'est tout le destin du Christ qui nous est présenté en raccourci dès le prologue de Matthieu : accueilli par les hommes de bonne volonté, Jésus sera rejeté par les responsables de son peuple.

Un autre thème théologique est fondu dans le récit de la venue des Mages, celui du salut universel. En effet ce sont des païens qui se présentent à Jérusalem, cherchant le roi des Juifs ; ce sont eux qui reprennent la route alors que Jérusalem ne bouge pas ; ce sont eux enfin qui entrent dans la maison et adorent l'Enfant, devançant le geste de leurs frères païens de tous les temps qui entrent dans l'Église pour y trouver leur Sauveur. À partir de cette rencontre avec Jésus, les Mages, devenus croyants, rompent avec Hérode. Et Dieu les avertit, non par un astre, mais par un ange, comme il fait avec ses élus.

Sur cette toile de fond d'une théologie du salut, les détails du texte prennent leur vraie valeur. Mais il nous faut renoncer une fois pour toutes à aligner ces vieux textes du premier siècle sur nos habitudes occidentales. Notre foi chrétienne repose, en définitive, non sur un résidu historique impossible à déduire des textes actuels, mais sur les témoignages des divers disciples, témoignages rendus au même Christ et habillés des images venues des traditions d'Israël.

Les Mages venus de l'Orient sont des savants, perses ou babyloniens, probablement astrologues, qui ont pu avoir contact avec le messianisme israélite dans les juiveries de Babylone, encore florissantes à l'époque. À travers eux, c'est le monde de la science qui se met en marche vers le Christ-Messie, c'est l'univers des païens qui se tourne vers la lumière de l'Évangile.

Rien ne dit qu'ils étaient trois, sinon peut-être le nombre des cadeaux, et il est sûr qu'ils n'étaient pas rois : ils ne le seront pas, d'ailleurs, dans la tradition chrétienne, avant le Livre arménien de l'enfance, daté du VIème siècle.

Quant au fait de la venue de Mages orientaux à l'occasion de la naissance de Jésus, il n'offrait, de soi, rien d'invraisemblable, puisqu’un événement similaire eut lieu en l'an 66, au dire de trois historiens romains qui rapportent, en effet, que le mage Tiridates vint de l'Orient adorer Néron. (Dion Cassius, 63,1,1-7; Suétone, Nero 13; Pline, Hist. 30,2,14).  De même, d'après la tradition juive, Hillel, le "Babylonien", avait fait, à pied, le trajet de Babylone à Jérusalem, en 20 av.J.-C.

En ce qui concerne l'astre, quels que soient le point de départ matériel et l'observation de base, l'essentiel - et ce que le texte souligne - est que les savants y ont vu un signe, rejoignant ainsi la tradition juive, qui  considérait l'Astre issu de la tribu de Jacob comme l'un des symboles du Messie attendu :" Je le vois, mais non pour maintenant, je le contemple, mais non de près : un astre est issu de Jacob et un sceptre a surgi d'Israël "(Nb 24,17, oracle de Balaam).Déjà les théologiens du Moyen-Âge, dans leur solide bon sens, avaient remarqué qu'il ne pouvait guère s'agir d'un corps céleste ordinaire, puisque son éclat était intermittent et son mouvement discontinu.

Pour saint Matthieu, l'arrivée des Mages à Bethléem marque l'accomplissement des promesses de l'ancienne alliance ; mais en même temps elle annonce le destin du Christ.

Quant à nous, si nous dégageons l'épisode des Mages du folklore de la fête des Rois et de sa lumière dorée, si nous le lisons comme Matthieu l'a écrit, comme une catéchèse biblique sur les événements de l'Enfance du Messie, nous pouvons y découvrir l'appel de Jésus à notre foi adulte.

Aujourd'hui encore il faut opter, et donc nous mettre en route ; aujourd'hui encore il faut nous ouvrir à l'universel ; aujourd'hui encore il faut accepter que l'espérance vienne au monde à travers l'humilité du fils de Dieu.

« Mes yeux ont vu ton salut »

(Lc 2, 22-40)

 

« Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes. Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »

Premier commentaire

Dans la foule anonyme du Temple, nous rejoignons un petit groupe qui passe inaperçu : un vieillard et un tout jeune foyer.

Marie serre dans ses bras l'offrande du monde, le propre Fils de Dieu ; et lui, Joseph, apporte l'offrande des pauvres : deux jeunes colombes. Quant à Siméon, il n'est ni prêtre, ni rabbi ni lévite. Il n'était pas au Temple à attendre l'événement : il vient d'y arriver, poussé par l'Esprit Saint, car c'est un homme de l'Esprit, et trois mots de saint Luc résument sa sainteté : C'est un juste, pleinement "ajusté" au vouloir de Dieu, c'est un fervent, un hasid, tout en accueil de la miséricorde, c'est un fils d'Israël qui attend la promesse, totalement associé au destin de son peuple.

Voilà l'homme de foi, d'amour et d'espérance que l'Esprit envoie au-devant du Messie. Sans un mot, il reçoit l'Enfant : c'est la nouvelle alliance dans les bras de l'ancienne ; c'est l'instant de fidélité que Dieu préparait depuis Abraham.

Puis Siméon, l'enfant au creux du bras, se met à bénir Dieu ; et l'Esprit, illuminant sa prière, dévoile à ce pauvre son propre destin, le destin de l'Enfant et celui de sa Mère.

Pour lui-même, le vieillard parle de départ et de paix : il peut s'en aller vers la mort, puisque déjà il a rencontré, vu et touché celui que Dieu donne pour la vie du monde ; et il s'en va dans la paix, parce que Dieu s'est souvenu de son amour.

Pour l'Enfant, Siméon annonce un destin universel : il sera le salut de tous les peuples. Israël, à qui Dieu montre sa fidélité, et les nations païennes, qu'il prend dans sa miséricorde (Rm 15,7-12), tous les hommes seront éclairés par la lumière qui émane de cet Enfant, par la gloire, l'éclat lumineux, que Dieu, déjà, fait rayonner de la Face de son Christ. Et l'irruption de cette lumière tracera une frontière, dans le cœur de chaque homme et au cœur de chaque groupe humain, entre l'assentiment et le refus : face au Fils de Dieu, au fils de Marie, face à Jésus vrai Dieu et vrai homme, un discernement s'imposera à tout homme, de toute langue et de toute culture, qui révélera le fond de son cœur, la pente secrète de sa liberté."

Toi-même, ajoute Siméon - et un grand étonnement passe dans le regard de Marie - un glaive traversera ta vie" ; l'épreuve révélera le fond de ton cœur ; l'inconnu, l'imprévu, l'incompréhensible réclameront de toi, avec ta soumission de servante, un surcroît d'amour et de pauvreté.

Quant à nous, frères et sœurs, hommes et femmes au cœur partagé, qui sentons si mouvante en nous la frontière entre le don et le refus, entre l'abandon et l'inquiétude, où allons-nous trouver la lumière pour nos pas, personnels et communautaires, et la paix que Dieu nous demande de porter au monde ? ‑ Suivons, rien que pour aujourd'hui, la démarche de Siméon, suivons l'instinct de l'Esprit : entrons au Temple, venons à la prière, recevons l'Enfant : Marie nous le prête un instant ; elle nous le donne chaque jour.

Gardons-le doucement au creux du bras : quand nous portons l'Enfant, c'est lui qui nous conduit.

 

Deuxième commentaire

À propos de l'enfance de Jésus, l'Église nous fait lire aujourd'hui, comme déjà dans la liturgie d'hier, l'Évangile du troisième âge, l'Évangile de la vie montante.

Ce n'est pas seulement un trait d'humour de l'évangéliste que de rapprocher ainsi un beau bébé et deux beaux vieillards, car, à travers les récits concernant Syméon et Anne, c'est toute une théologie de la fidélité de Dieu qui est proposée aux croyants pour rajeunir leur espérance.

Instinctivement nous voyons des signes d'espérance dans les choses neuves, les initiatives inédites, et dans la présence d'êtres jeunes, tout en promesses; et nous avons raison, car, au niveau des choses humaines et dans la perspective de la vie terrestre, ce sont les jeunes d'aujourd'hui qui vont traverser le temps, assurer la course de la parole et la survie des communautés.

Mais quand il s'agit des réalités de l'au-delà, de l'amitié avec Dieu dans la vie éternelle, même la fin des choses et le soir de la vie peuvent être signes d'espérance. La manière dont on donne à Dieu les années du grand âge ou de l'inaction, la joie que l'on apporte à servir dans l'ombre, la liberté de cœur avec laquelle on range l'un après l'au­tre les outils que Dieu avait donnés, tout cela rend témoignage à la vie de Dieu, à la puissance de son amour, à la fascination de sa gloire.

C'est bien ainsi que vivait Anne. Plus elle avançait en âge, et plus sa vie se réduisait à l'essentiel, comme à une épure de la foi : "elle ne s'écartait pas du Temple, participant au culte, nuit et jour, par le jeûne et la prière". Un grand amour vécu avec de petits moyens, un effacement grandissant devant l'œuvre de Dieu, un dévouement sans faille à la louange et à l'action de grâces, tout cela est chemin d'espérance, témoignage d'espérance en l'autre vie, qui ne connaîtra ni temps, ni plan, ni hâte, parce que désormais Dieu sera tout en tous .

Dès que l'on va à l'essentiel, on se rapproche de la jeunesse de Dieu.

Dès que l'on reconduit tout à Dieu dans la prière, on anticipe sur le nouvel ordre des choses qui sera le quotidien éternel dans le Royaume accompli.

Et c'est pourquoi la vieillesse d'Anne, fille de Phanuel, était si dense aux yeux de Dieu, et si consonante à l'Évangile que Jésus allait apporter.

Quatre-vingt-quatre ans, dont soixante-quatre au moins à l'ombre du Temple, méditant la Loi du Seigneur et veillant dans la prière. Toute une vie de recueillement pour un instant de témoignage prophétique, à l'heure que Dieu avait choisie pour elle: "survenant à ce moment, elle se mit à célébrer Dieu et à parler de l'Enfant à tous ceux qui attendaient la libération de Jérusalem ".

Ce n'est pas trop d'une vie entière de fidélité pour mériter de nommer Dieu quand il visite le monde.

Ce n'est pas trop de toute une vie de prière pour la joie de rejoindre le mystère de la tendresse de Dieu dans le regard de Jésus enfant.

Fuite en Égypte, Joseph, Marie et Jésus sur âne, Saint Esprit les survolant
Nous avons souffert en te cherchant
Marie dit à Jésus Ils n'ont plus de vin

« Fuis en Égypte »

(Mt 2, 13-15.19-23)

 

« Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils . Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. » Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen. »

D'instinct, lorsque nous relisons ce passage de la fuite en Égypte, nous sentons que nous ne pouvons le rejoindre à deux niveaux, qui sont tous deux interprétations authentiques du texte évangélique, mais qui gagnent à rester jumelés : On peut suivre le récit pas à pas, filer chacun des acteurs, repérer les attitudes de soumission silencieuse, de prudence surnaturelle ; on peut aussi reprendre le récit à la lumière de l'Evangile matthéen de l'enfance et profiter de cet éclairage latéral pour mieux discerner la visée théologique de saint Matthieu.

L'Evangile de Matthieu s'ouvre par une généalogie qui répond à la question :" Qui est Jésus ?», puis le récit de sa conception virginale répond à une deuxième question : « Comment est-il venu au monde ? ». L'arrivée des Mages, qui centre la tension sur Bethléhem et la cité de David, permet de préciser "Où est né Jésus ?». Dans l'Evangile d'aujourd'hui, le long voyage de la Sainte Famille, de Bethléem en Égypte et d'Égypte à Nazareth, répond à une quatrième question : "Pourquoi Nazareth ?"

Bien évidemment l'insistance de Matthieu présentant Jésus comme fils de David et Emmanuel reflète pour une part des controverses avec des juifs, ses contemporains, qui ne croyaient pas en Jésus et qui contestaient son origine divine en rappelant l'humilité de sa famille humaine, voire en l'accusant d'être illégitime. C'est peut-être le même groupe d'opposants que vise Matthieu en présentant Jésus comme Nazôraios. Nous savons par l'Evangile de Jean que beaucoup de juifs croyants se sont étonnés en apprenant que Jésus venait de Nazareth ... « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ?", demandait Nathanaël (Jo 1,45s). « Scrutez les Ecritures, ajoutent les Pharisiens, et vous verrez qu'aucun prophète ne surgit de Galilée » (7,52), « l'Ecriture ne dit-elle pas que le Messie, étant de la famille de David, devait venir de Bethléem, le village où a vécu David ? » (7,41 s)

Matthieu va au devant de cet étonnement : son récit de l'arrivée des Mages montre que Jésus a bien accompli les espérances juives concernant le Messie : en vrai fils de David, il est né à Bethléem, le récit de la fuite et du retour répond à son tour aux détracteurs de Jésus : ce n'est pas un hasard si Jésus venait de Nazareth et était connu comme Nazaréen. En effet le même Dieu qui avait prédit par le prophète Michée que le Messie naîtrait à Bethléem, a également parlé par les prophètes, d'un ...Nazoréen puisque les prophètes ont annoncé un « nazir » de Dieu, un consacré, un saint de Dieu, un « nézer », un surgeon de la race de David. Il semble bien, en effet, que Matthieu ait joué sur les deux mots traditionnels pour lester ce qu'il dit ou laisse entendre du Nazoréen Jésus.

De plus, en un certain sens, Jésus, dans l'évangile de Matthieu, revit l'Exil et l'Exode, accomplissant ainsi l'histoire d'Israël (autre motif apologétique !) ...comme Israël, il va en Egypte et en revient, et le massacre des enfants à Bethléem est commenté par des paroles de Jérémie qui décrivaient l'Exil des tribus du nord. Cette visée apostolique, si apparente ici dans Matthieu 2, reste cependant secondaire. Son premier but n'est pas finalement, de réfuter des opposants au message chrétien, mais d'introduire dans le mystère du Christ une communauté composée de juifs et de gentils. Et nous trouvons déjà au niveau de l'Evangile de l'enfance, le schéma christologique que Matthieu redéploie plus loin à propos du baptême et à propos de la résurrection, schéma en trois étapes : Révélation (par Dieu), proclamation, double réaction de foi et d'incroyance.

Après la révélation christologique par l'Ange du Seigneur, concernant la conception de Jésus, nous avons le récit de la proclamation de la bonne nouvelle puis la double réaction :

Réaction de foi chez les gentils : ce sont en effet des gentils venus de l'est qui apportent le premier hommage au roi nouveau-né, et dans ces Mages, Matthieu voit une anticipation de la parole de Jésus : « Beaucoup viendront de l'orient et de l'occident, et prendront place à table » ;

Réaction d'incroyance à Jérusalem de la part des autorités, dépositaires, pourtant, de la révélation.

L'Évangile de l'Enfance est ainsi un Evangile en miniature.

L'Évangile est une bonne nouvelle, mais face à lui se révèle le fond des cœurs. 

« Vois comme ton père et moi,

nous avons souffert en te cherchant ! »

(Lc 2, 41-51)

 

« Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. »

Il y a quelques jours nous découvrions le Christ sauveur sous les traits d'un enfant ; et dès aujourd'hui il nous faut rejoindre, dans la foule de Jérusalem, un grand garçon de douze ans, déjà sûr de lui, et qui prend des initiatives surprenantes.

Ce raccourci liturgique ne doit pas nous faire illusion : en réalité il n'y a pas eu de court-circuit dans la vie de Jésus. Son enfance et sa jeunesse n'ont pas été une simple parenthèse, et le Fils de Dieu n'a rien négligé pour s'enraciner dans notre humanité, c'est-à-dire, concrètement, dans son pays, dans son peuple, dans son village et dans sa famille.

Il y a mis trente ans ! Trente années sur lesquelles l'Évangile ne nous dit absolument rien, sinon justement ce que nous lisons aujourd'hui en saint Luc, ce récit étrange du pèlerinage à Jérusalem, qui nous introduit, avec des mots très simples, dans le mystère de l'Homme-Dieu.

C'est bien en effet de Jésus qu'il s'agit avant tout.

Pour résumer ses années de jeunesse, saint Luc écrit seulement : "il grandissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes". Il grandissait : quoi de plus normal ? Il se développait physiquement, bien sûr ; mais Luc ajoute : "en sagesse", c'est-à-dire en intelligence du monde et des êtres. Et là, tout de suite, nous rencontrons le mystère. Comment le Fils de Dieu pouvait-il avoir quelque chose à apprendre ? Comment pouvait-il s'étonner, s'amuser, et demander à sa mère : "Maman, pourquoi ?".

Nous aimerions imaginer le mystère, c'est-à-dire finalement le réduire à notre horizon familier. Lorsque les choses de la foi nous déconcertent, nous sommes enclins à les programmer autrement pour qu'elles entrent sans difficulté dans notre logique. Or il y a deux affirmations que nous ne pouvons ni éliminer ni réduire : à Nazareth Jésus est Dieu, et rien n'échappe à une intelligence divine ; à Nazareth Jésus est homme, pleinement homme, et l'on n'est vraiment homme que si l'on apprend, que si l'on découvre, que si l'on s'interroge, que si l'on est mesuré et rythmé par le temps.

Les deux aspects sont vrais, et vrais en même temps ; et c'est là qu'est le mystère. Nous ne savons pas et nous ne saurons jamais parfaitement ce que c'était pour Jésus que de vivre homme tout en étant Dieu. Nous ne saisirons jamais totalement comment retentissait dans son intelligence et son cœur d'homme cette certitude qui ne le quittait pas : Dieu est mon Père ; le Père et moi nous sommes un.

Ce que nous savons, c'est que dès aujourd'hui l'Esprit nous est donné pour avancer, pauvrement et joyeusement, vers ce mystère, pour devenir fils dans le Fils, pour accueillir la plénitude de Dieu dans la plénitude de notre être qui grandit et de notre monde qui se transforme.

Ce mystère de l'Homme-Dieu, Marie l'a vécu jour après jour à Nazareth. Marie et Joseph, car ils ont porté ensemble les joies, l'insécurité et les interrogations.

Parfois on dévalue le foyer de Nazareth, sous prétexte que la tendresse de cet homme et de cette femme excluait toute résonance purement charnelle. Pourtant l'expérience journalière des couples les plus lucides est là pour nous le rappeler : l'harmonie des corps ne serait que leurre et mensonge là où les cœurs seraient absents l'un à l'autre, là où l'habitude remplacerait l'amour, là où deux existences demeureraient volontairement parallèles. Il est exact que le foyer de Marie et Joseph ne présente pas toutes les composantes de la vie d'un couple uni ; mais il donne l'exemple d'une réussite parfaite sur des points où tant de couples chrétiens enregistrent parfois des échecs douloureux : l'attention constante au bonheur de l'autre, le souci de promouvoir l'autre dans la ligne de son destin de grâce, dans l'axe de son appel, et surtout la référence des deux au même Christ sauveur, au même Seigneur de la vie.

Marie et Joseph ont communié dans une même mission : amener le Fils de Dieu à pied d'œuvre pour le dessein du Père. Il fallait, pour être pleinement homme et pour sauver tout l'homme, que le Christ vécût depuis l'enfance cette double référence à une femme et un homme qui structure pour toujours l'affectivité d'un être humain et qui l'ancre véritablement dans une culture, dans une histoire, dans un destin d'amour. Il fallait qu'il entende, pendant douze ans, pendant trente ans, la voix de Marie dire tranquillement : "ton père et moi".

Mais pour Marie et Joseph, l'acte de foi a été quotidien. Dans ce bébé, si réel, si vivant, si bien à elle, qu'elle langeait et qu'elle nourrissait, Marie devait rejoindre le Fils de Dieu. Dans ce bambin qui venait lui demander des bouts de bois pour s'amuser, Joseph devait reconnaître le Messie d'Israël. Et cet adolescent à l'esprit toujours en éveil qui faisait, bien sûr, leur fierté, ils ont appris à le rendre sans cesse à Dieu qui le leur avait donné. Ils n'ont pas compris tout de suite certains de ses choix, certaines de ses attitudes ou de ses paroles. Jésus vivait auprès d'eux, avec eux, mais il vivait de la vie du Père ; il habitait chez eux, mais il lui fallait être chez son Père. Marie gardait fidèlement dans son cœur tout ce film de l'enfance et de la jeunesse de Jésus, en se disant bien souvent : "Mon enfant, pourquoi ?"; "Vois, ton père et moi nous te cherchons, angoissés".

Mais Jésus les aimait trop pour leur épargner l'une des expériences les plus riches qu'un être humain puisse vivre devant Dieu et devant les hommes : cheminer dans la foi.

Pouvoir d'intercession de Marie sur son Fils qui effectue son premier miracle

(Jean 2, 1-12)

 

« Le troisième jour, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là.

Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.

Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. »

Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. »

Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres).

Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.

Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent.

Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »

Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils demeurèrent là-bas quelques jours.

Pas de commentaire des Carmes

Je souligne juste qu'à ce moment du mariage, il venait de choisir ses premiers disciples et n'avait peut-être pas encore décidé d'appuyer ses paroles par un premier miracle public. 

Sa mère, elle, a déjà dû assister, en privé, avec Joseph, à un miracle que Jésus a pu avoir réalisé chez eux à Nazareth, non pas pour les convaincre de sa puissance mais pour les avertir du début imminent de son ministère. Marie connaît bien son Fils et sait qu'il va agir, non pas dans une volonté d'obéissance à sa mère, mais pour lui faire plaisir et sans doute faire une pierre trois coups :

- en même temps démontrer à ses disciples qu'il n'est pas un homme comme les autres.

- il faut noter que la présence de Jésus à un mariage qui bénit d'un premier miracle est en message fort en direction du sacrement de mariage, union devant Dieu.

Le fait qu'il appelle sa mère "Femme" ne doit pas laisser penser qu'il manque de respect à sa mère, cette expression étant non seulement très courante à l'époque, mais aussi respectueuse qu'un "Madame" aujourd'hui, quand bien même il s'agit de sa mère.

Marie au pied de la croix, Marie Madeleine, Saint Jean

Voici ton fils

(Jn 19, 25-34)

 

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un ­récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. »

 

 

Au sommet du calvaire, Marie connaît les douleurs de l’enfantement. Du haut de la Croix, le Sauveur se penche sur son humble servante et proclame : « Femme, voici ton fils. » En mettant au monde le corps du Christ qui est l’Église, la Mère de Dieu devient mère de chacun de nous. Désormais tous les âges la diront bienheureuse. Dans ce lieu de désolation et de mort, le Puissant fait, pour elle et pour la multitude de ses enfants, des merveilles !

Sœur Bénédicte de la Croix, cistercienne

Thomas incrédule met son doigt dans le côté

« La paix soit avec vous ! »

(Jn 20, 19-31)

« C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Actes des apôtres 1, 11- 14

« Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Alors, ils retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.

À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques.

Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

La foi est difficile ; elle l'a toujours été.

Elle l'était lors des apparitions du Ressuscité ; elle l'était même du vivant de Jésus sur terre, et même pour ceux qui étaient témoins de ses miracles et de ses guérisons. Tous ces hommes et ces femmes qui ont vu un paralysé emporter son brancard, des estropiés marcher droit et des aveugles de naissance ouvrir les yeux sur un monde qu'ils ne connaissaient qu'avec les mains, tous sont rentrés chez eux en disant : « nous avons vu aujour­d'hui des choses extraordinaires ! » ; puis ils ont repris leur travail aux champs, à l'atelier, à la maison. Il leur fallait passer sans transition des merveilles de Dieu à l'ordinaire de leur vie ; et même si le souvenir de Jésus les poursuivait, le quotidien était là nécessaire, accaparant.

Nous côtoyons, nous aussi, les merveilles de Dieu, spécialement lorsque nous recevons le Corps du Christ Ressuscité ou son pardon, ou la lumière de sa parole. Puis les choses à faire, les choses à dire, les choses à pré­voir reprennent leur urgence ; des choses bien réelles, joyeuses, banales ou tristes, mais sur lesquelles, si peu que ce soit, nous avons prise.

C'est alors que Dieu, parfois, nous paraît lointain, insaisissable, même si pour rien au monde nous ne voudrions le perdre. C'est alors aussi que la voix de Jésus en nous s'estompe, même si un moment elle nous a touchés.

Les fêtes liturgiques se succèdent, les années passent, et une certaine pesanteur nous guette au niveau qui est pour nous le plus intime et le plus précieux, celui de notre relation à Dieu et à son Christ, une relation que nous voudrions confiante, intense, filiale, et que nous vivons, à certaines heures de notre vie, sous le signe de l'échec.

Il est bien vrai que nous portons une part de responsabilité lorsque Dieu, chez nous, devient l'étranger. Mais il se peut aussi que nous soyons victimes d'une sorte d'illusion tenace concernant Dieu, le monde de Dieu, et l'espace de notre foi.

Nous sommes toujours tentés de chercher Dieu ailleurs, très loin, dans l'impossible, alors que Dieu nous attend déjà, dans un monde bien à nous, juste à l'endroit où il nous a placés pour que nous portions du fruit. Certes, quand le moment de la gloire sera venu, Dieu nous prendra dans son monde à Lui ; mais pour l'heure, Il aime réaliser ses merveilles dans l'ordinaire de nos vies, et à ses yeux il n'y a pas de divorce entre le quotidien et l'éternel, pas de cloison entre l'amour qu'on lui dit et l'amour qu'on lui prouve, pas de retombée entre le moment de l'Eucharistie et la journée de service accomplie pour le Christ et avec lui.

N'épuisons pas nos forces à vouloir toucher les choses de Dieu, comme Thomas les plaies de Jésus, qui étaient déjà des plaies de gloire. N'attendons pas, pour dire oui à Dieu, d'être de plain‑pied avec les choses de la foi, car Dieu seul, s'il le veut, peut nous les rendre visibles. Nous n'avons pas de mains pour saisir Dieu, pas de cœur pour l'enfermer, pas d'intelligence pour épuiser son mystère, et les yeux que nous avons ne sont pas capables de supporter sa gloire. Mais cela, Dieu le sait, et Jésus a transformé notre impuissance en béatitude : « Bien­heureux ceux qui croient sans avoir vu »

Si nous n'avons pas vu le visage du Christ sur terre, si nous n'avons même pas vu les linges dans le tombeau vide, nous pouvons entendre la voix du Seigneur, que sa communauté vivante nous transmet depuis la Pentecôte. Notre foi tout entière, depuis notre baptême, repose sur cette écoute. Depuis que notre Berger est entré dans la gloire, une sorte d'instinct venu de l'Esprit Paraclet nous fait reconnaître sa voix, là où nous sommes, là où il nous veut.

Ce qu'il attend de nous, là où nous servons, là où nous peinons, là où nous cheminons sans voir, c'est la réponse si vraie, si simple, si heureuse, de Thomas :

« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

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